Une transition graduelle entre deux plans, où une image disparaît lentement tandis que la suivante apparaît.
Détails Techniques
Les durées standard pour les fondus enchaînés varient entre 12 et 96 images à 24 ips (0,5 à 4 secondes). Les fondus courts de 12 à 24 images servent principalement de transition douce, tandis que les plus longs, de 48 à 96 images, assument des fonctions narratives. Numériquement, le calcul s'effectue par compositing alpha avec une courbe linéaire ou exponentielle des valeurs de transparence de 100 % à 0 % ou de 0 % à 100 %.
Les variantes comprennent le fondu enchaîné croisé (fondu standard), le fondu additif (addition des deux images sans ajustement de transparence) et le fondu au noir/blanc (fondu vers le noir/blanc, puis fondu de la nouvelle prise).
Histoire & Développement
Georges Méliès a développé le premier fondu enchaîné en 1899 par double exposition dans l'appareil pour son film "Cendrillon". L'ère Technicolor des années 1930 a établi les fondus enchaînés comme moyen de transition standard, car les coupes franches semblaient optiquement problématiques avec les films couleur de l'époque.
Avec l'introduction de la Moviola en 1924, un minutage image par image est devenu possible. La révolution numérique depuis les années 1990 a permis des variantes plus complexes et un contrôle précis des courbes de minutage. Les flux de travail modernes de Digital Intermediate (DI) utilisent une profondeur de couleur de 16 bits ou 32 bits pour des fondus enchaînés sans artefacts.
Utilisation Pratique au Cinéma
David Lean a utilisé dans "Lawrence d'Arabie" (1962) un fondu enchaîné de 4 secondes, de l'allumette enflammée au lever du soleil sur le paysage désertique, comme transition iconique pour un saut dans le temps. Stanley Kubrick a utilisé des fondus enchaînés de 6 secondes dans "2001 : L'Odyssée de l'espace" (1968) pour le montage de l'évolution.
Dans le flux de travail, la mise en œuvre technique s'effectue aujourd'hui via Avid Media Composer, Adobe Premiere ou DaVinci Resolve avec une animation de transparence basée sur des images clés. Les fondus enchaînés masquent les erreurs de continuité, comblent les sauts dans le temps et créent des liens émotionnels entre des contenus d'images disparates.
Comparaison & Alternatives
Contrairement à la coupe franche (cut), le fondu enchaîné n'interrompt pas brusquement le flux visuel. Les volets (wipes) font glisser les images géométriquement les unes dans les autres, tandis que les fondus enchaînés superposent les deux images de manière égale. Les fondus (fades) s'estompent vers le noir/blanc, les fondus enchaînés se superposent directement entre les images.
Les alternatives modernes comprennent les transitions avec flou de mouvement, les fondus morphing avec reconnaissance faciale ou les transitions intelligentes basées sur l'IA. Cependant, le fondu enchaîné classique reste la norme pour marquer les sauts dans le temps et créer des ponts émotionnels entre les scènes.
Actualités
Le fondu enchaîné est aujourd'hui considéré comme une technique de montage moins contemporaine et est nettement moins utilisé dans les films modernes que dans les productions hollywoodiennes classiques. Les monteurs discutent de plus en plus de l'utilisation parcimonieuse des fondus enchaînés croisés, car ils sont souvent perçus comme démodés ou trop stylisés. La technique est principalement encore utilisée pour les sauts dans le temps, les séquences de rêve ou les récits délibérément nostalgiques.