Transition où la luminosité de l'image diminue linéairement jusqu'au noir sur un nombre de frames défini; effet de fondu marquant les changements de scène.
Détails techniques
Dans les systèmes de montage numériques, le fond noir est réalisé par une réduction linéaire de la luminosité des pixels de 100 % à 0 % sur le nombre d'images sélectionné. Avid Media Composer utilise par défaut des fondus de 30 images, Adobe Premiere Pro 24 images. La courbe gamma suit les normes Rec. 709 avec une interpolation linéaire. Les variantes comprennent le fond blanc (Fade to White), les fondus colorés vers des valeurs RVB définies, ainsi que les fondus asymétriques avec des vitesses d'entrée et de sortie différentes.
Histoire et développement
Le premier fond noir documenté est apparu en 1903 dans "The Great Train Robbery" d'Edwin S. Porter. D.W. Griffith l'a établi à partir de 1908 comme un procédé narratif pour marquer les sauts dans le temps. Avec l'introduction de la Moviola en 1924, un contrôle précis image par image est devenu possible. Les tables de montage Steenbeck des années 1930 ont permis pour la première fois des vitesses de fondu variables. Les systèmes de montage numériques depuis les années 1990 offrent aujourd'hui un aperçu en temps réel et un réglage illimité des courbes de transition.
Utilisation pratique au cinéma
"2001: A Space Odyssey" de Kubrick (1968) utilise des fondus de 96 images entre les épisodes. Scorsese utilise dans "Goodfellas" (1990) des fondus abrupts de 12 images pour les scènes de violence. Le final de la série "The Sopranos" (2007) se termine par un fond noir controversé de 6 images. En post-production, les fondus sont généralement placés lors du montage brut et ajustés à des durées exactes lors du montage final. Le flux de travail nécessite une synchronisation de l'étalonnage des couleurs, car différents types de moniteurs affichent des valeurs de noir différentes.
Comparaison et alternatives
Le fond noir se distingue du cut par sa transition graduelle et du dissolve par l'absence d'un second élément d'image. Les alternatives modernes comprennent les transitions de flou de mouvement, les fondus en iris ou les effets de volet numériques. Alors que les fondus suggèrent la finalité, les fondus enchaînés créent de la continuité. À l'ère du streaming, les fondus longs sont évités, car les spectateurs pourraient les interpréter comme des perturbations techniques. Les jump cuts et les match cuts remplacent de plus en plus les fondus traditionnels dans les productions contemporaines.