Grand studio hollywoodien fondé en 1924—lion rugissant emblématique, spectacles à grand budget, musicales. A défini le système classique des studios.
Le studio est né en 1924 de la fusion de trois sociétés de production — et il fut immédiatement clair que l'on n'y pensait pas à petite échelle. Louis B. Mayer, le fondateur, a bâti un empire basé sur l'intégration verticale. Cela signifiait : ses propres cinémas, sa propre chaîne de distribution, ses propres stars sous contrat à long terme. Ceux qui tournaient pour MGM n'étaient pas seulement des acteurs — ils appartenaient à la société, entretenus avec soin comme des produits manufacturés. Le logo du lion (« Leo the Lion ») est devenu la marque de fabrique de la perfection technique et des valeurs de production monumentales.
L'impact sur le travail quotidien sur le plateau fut considérable. MGM employait ses propres directeurs de la photographie, éclairagistes, monteurs — une hiérarchie autonome. Ceux qui arrivaient en tant que directeur de la photographie suivaient des directives que le studio avait peaufinées pendant des décennies. La lumière devait véhiculer cette esthétique typique, lisse et très polie — pas d'ombres dures, pas de rugosité. Le visage de la star devait briller comme sur un tableau. William Daniels, Karl Freund, d'autres directeurs de la photographie légendaires — ils ne travaillaient pas contre le système, mais le perfectionnaient. Leur maîtrise technique servait la philosophie du studio : tout devait être plus grand, plus brillant, plus inaccessible.
Dans les années 1930 et 1940, MGM était le lieu des grands musicals — « Chantons sous la pluie », « Un Américain à Paris ». Les ressources étaient illimitées. Les chorégraphies étaient répétées pendant des semaines. Les mouvements de caméra lors des danses — la réflexion sur la manière de « ouvrir » une scène de danse cinématographiquement sans fragmenter le mouvement — c'était du travail quotidien. Gene Kelly et ses directeurs de la photographie expérimentaient avec des équivalents de Steadicam, de longs plans-séquences, des fondus enchaînés entre la danse et la réalité.
Le système des studios s'est effondré plus tard, non pas parce qu'il était mauvais, mais parce que le cinéma a changé et que la jurisprudence a interdit l'intégration verticale en 1948. MGM existe toujours, mais en tant que distributeur et financeur — plus en tant que cet appareil artistique tout-puissant. Quiconque veut comprendre comment fonctionnait le Hollywood classique, comment la standardisation et l'artisanat artistique se sont unis — doit étudier MGM. Les décisions techniques prises là-bas n'étaient pas le fruit du hasard. Elles étaient l'expression d'une philosophie qui disait : le médium lui-même doit être parfait pour que l'histoire puisse y prendre place.