Spécialiste d'isolation chromatique pour compositing — sépare figures et fonds. L'exécution sur plateau est critique.
Le keyer intervient en postproduction pour rendre transparent un fond vert ou bleu — ou pour isoler des zones de couleur spécifiques d'un plan afin de les manipuler ultérieurement. C'est moins une discipline créative qu'une discipline technique, mais elle détermine souvent la crédibilité ou la visibilité des effets visuels. Un mauvais keying ruine le meilleur travail VFX qui se trouve derrière.
La tâche commence déjà sur le plateau : l'éclairage du fond vert est-il suffisamment uniforme ? Le contour du sujet devant le fond est-il bien net ? Le keyer travaille ensuite avec des logiciels — Nuke, After Effects, Fusion — et utilise divers algorithmes pour extraire les valeurs chromatiques (ou les valeurs de luminance dans des situations d'éclairage pratiques). Une matte de différence soustrait simplement le vert de référence ; un keyer avec seuil basé sur la saturation travaille de manière plus élégante lorsque l'éclairage est variable. Le meilleur keyer connaît les deux techniques et choisit en fonction de la situation.
En pratique : si le fond a été mal éclairé — points chauds, coloration inégale — le keyer doit ensuite travailler avec des algorithmes de despill pour éliminer les reflets verts dans les cheveux de l'acteur. Cela prend du temps. Un keyer expérimenté discute donc déjà sur le plateau avec le directeur de la photographie et le gaffer — un meilleur éclairage permet d'économiser des heures en postproduction. Certains keyers travaillent même directement avec le directeur de la photographie concernant la longueur focale ou la configuration de l'éclairage lors du tournage sur fond vert.
Outre le simple incrustation chromatique (chroma-keying), il existe également le travail de rotoscopie lorsque le procédé ne fonctionne pas de manière fiable : masquage manuel image par image. Un bon keyer combine des incrustations automatisées avec des corrections manuelles ciblées. Il comprend le canal alpha prémultiplié par rapport au canal alpha droit, connaît la différence entre l'incrustation matérielle (lors du direct) et l'incrustation logicielle (en post-production) — et sait quand une incrustation de luminance est préférable à une incrustation chromatique, par exemple avec des éléments fortement rétroéclairés ou des sources de lumière pratiques en arrière-plan.