La version montée verrouillée et livrable — aucun plan nouveau, pas de recoupe. Couleur et master suivent, structure figée.
Quand le chef monteur dit « Final », le stock est décidé : la version montée quitte le studio de montage, et personne ne retire ou n'ajoute de scènes. Final ne signifie pas « terminé » dans le sens de « tout est parfait » — cela signifie : l'histoire tient, le rythme est bon, la durée est en accord avec la production et la réalisation, et la structure est verrouillée. Ce qui suit maintenant — correction des couleurs, conception sonore, finalisation des effets visuels, mastering — tout le monde travaille sur cette version. Une fois le Final atteint, vous, en tant que directeur de la photographie ou superviseur des effets visuels, ne pouvez plus toucher à l'éditeur.
En pratique, « Final » est la dernière étape avant la post-production technique. Ce n'est pas la même chose que « Picture Lock » — bien que de nombreux studios confondent les termes. Picture Lock est généralement plus strict : cela signifie littéralement qu'aucun cadre ne bouge plus. Final est plus souple, mais toujours crucial. Le réalisateur a apporté ses commentaires, le producteur a approuvé la durée (souvent critique pour le budget et la date de sortie en salle), et le monteur a nettoyé toutes les transitions, les motifs de montage et les transitions sonores encore ouvertes. Tous les autres corps de métier travaillent sur cette version. L'étalonnage des couleurs et le mixage sonore se font sur la base du Final — pas sur une version éphémère « presque Final » ou « en cours de travail ». Cela mènerait au chaos.
Une erreur fréquente : les producteurs pensent que le Final est négociable. « Ne pourrions-nous pas raccourcir encore de 30 secondes ? » — Non, pas à ce stade. La phase des coupes structurelles est terminée. Si des problèmes dramaturgiques apparaissent par la suite, soit on revient en arrière — ce qui coûte cher — soit on vit avec. Le Final est donc aussi une décision politique : il documente que toutes les parties ont signé. Sur le plateau ou en studio, on peut encore travailler avec un Rough Cut ou un Assembly, mais le Final est l'arme qui dit : maintenant, ça commence. Sans Final, pas de Color Grade, pas de Sound Mix, pas de mastering. Le Final est le goulot d'étranglement entre le chaos créatif et la précision technique.