Caméra portative légendaire 1920s–1950s — légère, compacte, moteur à ressort manuel. Référence du cinéma direct français.
La Debrie Parvo était l'outil de travail de tous ceux qui avaient besoin de mobilité — une caméra 35mm que l'on pouvait réellement porter sans avoir besoin d'un assistant juste pour le trépied. Un ressort au lieu d'un moteur électrique : tel était le principe fondamental. Vous tourniez la manivelle, et le ressort tendu entraînait le magasin de film. Simple, fiable, indépendant des lignes électriques. C'était révolutionnaire dans les années 1920 et 1930, quand les groupes électrogènes étaient encore un luxe sur le plateau.
La conception était suffisamment compacte pour les documentaristes qui devaient filmer depuis la fenêtre d'une usine ou du grenier d'un théâtre. Cocteau a expérimenté avec elle — pas dans un setup de studio classique, mais en mobilité, spontanément. L'optique était solide, la mise au point fiable, et l'entraînement par ressort fournissait une vitesse constante si la tension était correctement dosée. C'était le grand art : ne pas trop tendre le ressort, ni trop peu. Trop fort ? Les images tremblent. Trop faible ? La caméra s'arrête, en plein milieu d'une prise. Chaque opérateur connaissait ce rythme instinctivement.
Ce qui distinguait la Parvo des autres caméras à manivelle, c'était la précision de sa mécanique et la flexibilité des objectifs. On pouvait changer rapidement différentes focales — cela faisait gagner du temps sur le plateau. Le transport du film était propre, la qualité d'image constante. Pour les documentaires, les films industriels et les travaux expérimentaux, c'était de l'or. À Hollywood, elle était moins utilisée, les studios préférant les grosses caméras motorisées. Mais partout où l'espace était restreint — pour les tournages en extérieur, les tournages mobiles, les productions à petit budget — la Parvo était présente.
Après la Seconde Guerre mondiale, elle a perduré longtemps. Même dans les années 1950, alors que les entraînements électriques devenaient la norme, certains opérateurs ne voulaient pas abandonner leur vieille Parvo. Elle était légère, facile à entretenir, et si quelque chose tombait en panne, on pouvait le réparer — pas le remplacer. C'est encore aujourd'hui la raison pour laquelle les musées du cinéma et les archivistes conservent ces caméras : elles ne sont pas compliquées, elles ne sont pas propriétaires. Elles sont artisanales, transparentes, compréhensibles. Cela les rend précieuses pour l'histoire du cinéma et pour tous ceux qui veulent comprendre le fonctionnement du cinéma mécanique.