Système de diaphragme sans crans de détente, permettant un réglage continu sur 270–300° de rotation pour des transitions d'exposition homogènes en cours de prise.
Détails techniques
Les diaphragmes sans cran fonctionnent avec une bague d'iris réglable en continu, couvrant généralement une plage de T/1,3 à T/22. La plage de réglage s'étend généralement sur 270° à 300° d'angle de rotation sur la bague de l'objectif. Les systèmes modernes tels que la série Zeiss Master Prime offrent une précision de 1/100 de diaphragme. La construction mécanique évite les mécanismes à ressort et les ergots de verrouillage au profit d'une résistance par friction uniformément amortie de 0,8 à 1,2 Nm de couple. Les variantes électromécaniques (comme les systèmes Preston FIZ) permettent des vitesses de réglage comprises entre 0,1 et 15 secondes pour la plage complète du diaphragme.
Histoire et développement
Le premier diaphragme sans cran a été développé par Carl Zeiss en 1962 pour le Distagon 25mm T/2,1, initialement conçu pour l'Arriflex 35 IIC. Panavision a suivi en 1967 avec la série Primo, introduisant la couronne dentée à module 0,8 standardisée aujourd'hui. Dans les années 1980, le diaphragme sans cran s'est imposé comme la norme pour tous les objectifs de cinéma professionnels. La révolution numérique à partir de 2005 a donné naissance à des systèmes d'iris contrôlés électroniquement, RED introduisant en 2018 avec le système DSMC3 le contrôle entièrement automatique du diaphragme basé sur l'analyse d'histogramme en direct.
Utilisation pratique au cinéma
Roger Deakins a utilisé systématiquement des diaphragmes sans cran dans "Blade Runner 2049" pour des transitions d'exposition fluides lors de mouvements de caméra à travers des pièces différemment éclairées. L'application typique se trouve lors des mouvements de travelling avant depuis les intérieurs vers l'extérieur, où une correction continue du diaphragme de 3 à 5 stops est nécessaire. Le réglage sans cran permet des manipulations précises de la profondeur de champ pendant l'enregistrement, sans sauts de luminosité visibles. Les inconvénients proviennent de l'absence de points de référence haptiques – les assistants caméra doivent apposer des marques sur la bague de mise au point ou utiliser des systèmes d'affichage numériques.
Comparaison et alternatives
Par rapport aux diaphragmes crantés, le système sans cran offre une précision de réglage 128 fois supérieure, mais nécessite une manipulation et un marquage plus précis. Les alternatives modernes comprennent les systèmes d'iris contrôlés électroniquement (comme le Fujinon Cabrio avec technologie /i) ou les objectifs LDS (Lens Data System) avec transmission automatique de métadonnées. Les filtres ND variables (comme le Tiffen Variable ND) remplacent partiellement le réglage du diaphragme, mais n'offrent qu'une plage de travail de 2 à 8 stops contre 6 à 10 stops pour les diaphragmes sans cran. Pour les travaux documentaires, les systèmes crantés restent pertinents car ils permettent des réglages rapides et reproductibles sans contact visuel avec l'objectif.