Fond monochrome — bleu ou vert — remplacé en post-production. Le vert s'impose : absence sur la peau et les tissus.
Vous avez besoin d'un fond uniformément éclairé que vous pourrez échanger plus tard — c'est là qu'intervient une surface unie. Le fond bleu a longtemps été la norme, en particulier dans les productions hollywoodiennes des années 1990. La couleur bleue absorbe moins de lumière que d'autres couleurs et permet théoriquement une meilleure séparation entre le premier plan et l'arrière-plan — du moins dans des conditions de studio avec un éclairage précis. Mais en pratique, on s'en rend vite compte : le bleu se retrouve partout. Dans les yeux, dans les cheveux foncés, dans certains tissus. Le masque devient vulnérable, les franges disgracieuses, la perte de qualité lors du compositing perceptible.
Le fond vert s'impose car le vert se retrouve naturellement dans moins de matériaux. La différence est particulièrement nette lors des gros plans de visages et des structures capillaires fines. La couleur verte peut être isolée plus proprement, sans endommager les détails des yeux ou des parties de la peau. Les logiciels VFX modernes optimisent leurs algorithmes de chroma key principalement pour le vert — c'est la réalité sur le plateau. Néanmoins, le fond bleu présente des avantages si votre sujet porte des vêtements verts ou si vous travaillez avec des teintes de cheveux rouges. Le bleu sera alors plus propre. La décision dépend du sujet concret.
Lors de la mise en œuvre, l'éclairage est primordial. Un mur mat n'est pas suffisant. Vous avez besoin d'un éclairage homogène et diffus, sans points chauds. Des sources lumineuses trop dures créent des ombres sur l'écran, qui entraîneront plus tard du "fringing" (effet de bord) et des transitions disgracieuses lors du "keying". Respectez un écart d'au moins 1,5 à 2 mètres entre le sujet et l'écran — vous éviterez ainsi le "spillback", c'est-à-dire la réflexion de la couleur de l'écran sur les vêtements et les cheveux. Le réglage de la caméra doit être effectué en Full HD ou supérieur. Plus la résolution est élevée, plus le masque pourra être généré proprement par la suite.
Au montage et lors du compositing (voir aussi Chroma Key), l'écran est ensuite soustrait. Des outils professionnels comme Nuke ou After Effects utilisent des algorithmes intelligents qui ne suppriment pas simplement tous les pixels verts, mais préservent l'information de luminance sur le bord. C'est la différence entre un travail sur fond vert bon marché et un travail de haute qualité. Si vous avez été négligent sur le plateau — éclairage inégal, trop près de l'écran, mauvaise exposition — cela ne pourra être rattrapé au montage qu'avec des compromis.