Superposition de deux images avec effet de transparence, obtenue optiquement à l'exposition ou numériquement par compositing avec des valeurs d'opacité réduites.
Détails techniques
Dans la technique analogique sur film 35mm, la double exposition s'obtient en désactivant le transport automatique du film après la première exposition. L'appareil photo Canon F-1 le permettait via un commutateur de multi-exposition, tandis que les appareils photo numériques modernes simulent l'effet en superposant des fichiers RAW avec des modes de fusion tels que "Écran" ou "Multiplier". Le temps d'exposition reste constant, tandis que les valeurs ISO sont divisées par deux ou l'ouverture est fermée de f/1.4. En post-production, des canaux alpha avec 50% de transparence sont superposés, les valeurs de luminance des pixels étant additionnées mathématiquement.
Histoire & Développement
La première double exposition documentée remonte à 1860 par le photographe Hippolyte Bayard. Au cinéma, Georges Méliès a introduit la technique en 1898 dans "L'Homme de têtes" pour des effets de fantômes. En 1920, Fritz Lang a développé la double exposition narrative dans "Der müde Tod" pour des séquences de rêve. Avec l'introduction des caméras Technicolor en 1932, la multi-exposition est devenue plus complexe, chaque couche de couleur devant être exposée séparément. La post-production numérique à partir des années 1990 a largement remplacé la technique en caméra par le compositing logiciel.
Utilisation pratique au cinéma
Orson Welles a utilisé des doubles expositions dans "Citizen Kane" (1941) pour la scène du miroir à Xanadu, afin de visualiser la psyché fragmentée de Kane. Ingmar Bergman a utilisé la technique dans "Persona" (1966) pour fusionner les visages de Liv Ullmann et Bibi Andersson. Les productions modernes comme "Blade Runner 2049" (2017) utilisent la multi-exposition numérique pour des séquences de mémoire, où des images 4K sont superposées dans DaVinci Resolve avec des modes Fusion. Le flux de travail nécessite un positionnement précis de la caméra, car les corrections ultérieures réduisent la qualité de l'image.
Comparaison & Alternatives
La double exposition se distingue du fondu enchaîné (dissolve) par une présentation simultanée des images plutôt que décalée dans le temps. Les plans composites utilisent des prises de vues séparées, tandis que la véritable double exposition utilise des sections de film identiques. Les effets de fantômes modernes en CGI remplacent la double exposition classique par le compositing sur fond vert avec un contrôle plus précis de l'opacité et du masquage. Le split-screen affiche plusieurs images côte à côte, la double exposition les superpose entièrement.