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Disparité rétinienne
Caméra

Disparité rétinienne

Retinal Disparity
Murnau AI illustration
rear anamorphic perspective duo vision optical perspective parallax error split diopter

Différence entre l'image gauche et droite interprétée par le cerveau comme profondeur — fondement de la stéréoscopie. Distance interpupillaire et angle de convergence règlent l'effet.

Vos yeux gauche et droit voient le monde sous des angles légèrement différents. Le cerveau utilise ce décalage — la disparité rétinienne — pour calculer la profondeur. Sur le plateau, le principe est le même : deux caméras, espacées de la distance interpupillaire humaine (environ 65 mm, la distance interpupillaire), capturent la même scène sous des angles de vue légèrement décalés. Le spectateur, muni de lunettes polarisées ou à obturateur, voit alors deux images que son système visuel fusionne pour créer une perception spatiale.

En pratique, le timing est crucial. Votre angle de convergence — l'angle auquel les deux vues de caméra se rencontrent — détermine où se situe le "plan zéro", ce point où la disparité est nulle et où le spectateur ne ressent aucun effet de profondeur. Si vous positionnez les caméras trop près l'une de l'autre (angle de convergence trop faible), vous créez des "Window Violations" : des objets coupent le cadre de manière artificielle. Un angle trop plat, en revanche, rendra l'effet 3D plat. Les professionnels utilisent le Toe-In ou le Horizontal Image Shift — deux techniques différentes pour contrôler cet angle sans déformer l'axe optique.

La disparité elle-même n'est pas constante. Plus la distance de l'objet est grande, plus la disparité entre l'image gauche et l'image droite est faible ; plus un objet est proche, plus elle est grande. C'est biologiquement correct — votre œil le ressent lors des gros plans au cinéma 3D. Vos muscles oculaires se contractent comme s'ils convergeaient réellement. C'est pourquoi la stéréoscopie ne fonctionne que si la disparité reste dans une certaine plage — des valeurs trop extrêmes entraînent de la fatigue oculaire et des maux de tête.

Concrètement sur le plateau, cela signifie : calculez votre base (l'écart entre les caméras) en fonction de l'espace de la scène. Les espaces restreints nécessitent des bases plus courtes (30–40 mm) pour éviter la sur-convergence. Les plans de paysage tolèrent 65 mm ou plus. Et n'oubliez pas : le choix des objectifs modifie considérablement la disparité perçue. Un objectif grand-angle crée des effets de profondeur plus marqués qu'un téléobjectif, même si l'écart entre les caméras reste le même — car la perspective elle-même est différente. Ce n'est pas une erreur, c'est une intention de mise en scène.

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