Reshoot: tournage supplémentaire de scènes après le tournage principal pour corriger des problèmes narratifs ou répondre aux retours de projections-tests, exigeant une reproduction précise de tous les paramètres techniques.
Détails techniques
Les reprises nécessitent une documentation de continuité exacte des prises originales : les réglages de caméra (distances focales, ouvertures, types de filtres), les configurations d'éclairage (température de couleur, direction de la lumière, valeurs d'intensité) et les détails des costumes/maquillage doivent être reproduits au millimètre près. Les superviseurs de script documentent ces paramètres dans des rapports de continuité détaillés. Pour les films de studio, des plans d'éclairage complets et des rapports de caméra sont archivés pour garantir des caractéristiques d'image identiques. L'étalonnage numérique compense les écarts minimes, les systèmes DI modernes compensant sans problème des tolérances de ±0,5 diaphragme.
Histoire et développement
Les reprises systématiques se sont établies dans les années 1930 avec le système des studios d'Hollywood. MGM a été le premier studio à introduire des projections tests obligatoires en 1934, qui ont régulièrement entraîné des reprises. Le terme "Reshoot" est apparu pour la première fois dans Variety en 1947. Dans les années 1970, les studios ont standardisé les processus de prévisualisation : après la première version du montage brut, des projections tests suivaient, dont les réactions du public déterminaient les reprises. Avec la post-production numérique à partir des années 1990, les obstacles techniques à l'intégration transparente des scènes reprises ont considérablement diminué.
Utilisation pratique dans le cinéma
"Blade Runner" (1982) a connu trois versions finales différentes via des reprises sur 18 mois. Marvel Studios planifie des reprises structurelles : "Avengers: Endgame" (2019) a nécessité 22 jours de reprises pour des arcs narratifs alternatifs. "World War Z" (2013) a remplacé le troisième acte complet par 40 jours de reprises, coûtant 40 millions de dollars. Flux de travail typique : montage brut → projection test → analyse du public → planification des reprises → intégration → montage final. Les reprises ont généralement lieu 3 à 6 mois après le tournage principal, afin de laisser une marge de manœuvre aux acteurs.
Comparaison et alternatives
Les "pick-ups" comprennent exclusivement des détails supplémentaires (inserts, plans de réaction) sans les acteurs principaux et durent au maximum 1 à 5 jours. "Additional Photography" désigne les tournages complémentaires planifiés pour des scènes déjà conçues. Les reprises, en revanche, naissent de manière réactive en raison de problèmes narratifs identifiés. Les "Second Unit Shoots" filment des séquences axées sur l'action ou les paysages en parallèle de la production principale, sans les acteurs principaux. Dans les productions à petit budget, les sessions ADR (Automated Dialogue Replacement) et les solutions de compositing numérique remplacent souvent les reprises coûteuses. Les fournisseurs de streaming ont de plus en plus tendance à réaliser des reprises importantes, car ils peuvent analyser des métriques directes des spectateurs.