Affichage simultané de plusieurs plans d'image dans une même image, réalisé techniquement par compositing de calques dans des logiciels de montage comme Avid ou Premiere Pro.
Détails techniques
Dans la production 2K (2048×1080), les segments en écran divisé sont généralement rendus en 1024×1080 ou 1024×540 pixels. Les répartitions en quatre écrans donnent des quadrants de 512×540 pixels chacun. La mise en œuvre technique se fait par compositing de calques dans Avid Media Composer, Adobe Premiere Pro ou DaVinci Resolve. Les variantes Picture-in-Picture utilisent des facteurs d'échelle entre 0,2 et 0,4 pour l'image insérée. Les flux de travail modernes de Digital Intermediate traitent les compositions multi-écrans en résolution 4K (4096×2160), permettant aux segments individuels de conserver une qualité HD native.
Histoire & Développement
Dès 1927, Abel Gance expérimentait dans "Napoléon" des projections en triptyque sur trois toiles juxtaposées. En 1973, Brian De Palma a établi l'esthétique de l'écran divisé dans le cinéma grand public avec "Sœurs de sang". La série télévisée "24" (2001-2010) a popularisé le multi-écran comme procédé narratif avec jusqu'à quatre plans simultanés par image. Les Digital Cinema Packages (DCP) depuis 2005 ont considérablement simplifié la distribution technique de séquences multi-écrans complexes.
Utilisation pratique au cinéma
Quentin Tarantino a utilisé des écrans divisés animés dans "Kill Bill : Volume 1" (2003) pour des séquences de combat. "Hulk" (2003) d'Ang Lee a intégré une esthétique de bande dessinée avec des formats d'image variables au sein du Cinemascope 2.35:1. Les thrillers de surveillance comme "L'Œil du mal" (2008) utilisent le multi-écran pour des représentations de moniteurs de sécurité avec des rapports d'aspect authentiques de 4:3. Les films d'horreur emploient des écrans divisés pour créer du suspense – le spectateur voit la menace pendant que le personnage du film reste inconscient.
Comparaison & Alternatives
Le multi-écran se distingue des séquences de montage par une présentation simultanée des images plutôt que séquentielle. Le Picture-in-Picture (PiP) montre une hiérarchie dans le poids des images, tandis que l'écran divisé transmet des informations visuelles équivalentes. La production virtuelle moderne avec des murs LED permet le compositing multi-écran en direct sur le plateau plutôt qu'en post-production. Le montage alterné (cross-cutting) obtient des effets narratifs similaires par des enchaînements rapides entre les fils narratifs, mais nécessite plus de coupes et des séquences plus longues.