Affichage simultané de plusieurs actions par division de l'écran en champs distincts, réalisé par surimpression multiple ou démarcation numérique des pixels.
Détails techniques
Les écrans partagés sont créés par exposition multiple du film 35 mm avec des masques précis ou, depuis les années 1970, par des tireuses optiques. Dans le cas d'une division verticale, on expose d'abord la moitié gauche de l'image en masquant le côté droit, puis inversement. Les systèmes numériques modernes fonctionnent avec des limites de pixels exactes – pour un matériel 4K (4096×2160), une division verticale crée deux champs de 2048×2160 pixels chacun. Variantes courantes : double écran (vertical/horizontal), grille quadruple, divisions asymétriques (70:30) ou arrangements en triptyque avec trois champs.
Histoire et développement
Abel Gance a utilisé pour la première fois systématiquement des écrans partagés en 1927 dans "Napoléon" avec son procédé en triptyque sur trois toiles de 35 mm. Brian De Palma a perfectionné la technique dans les années 1970 avec "Carrie" (1976) et "Pulsions" (1980), où il a montré jusqu'à quatre fils narratifs simultanés. La série télévisée "24" (2001-2010) a établi le multi-split comme une marque de fabrique avec jusqu'à six fenêtres simultanées. Quentin Tarantino a réactivé en 2003-2004 avec "Kill Bill" le double écran classique pour les conversations téléphoniques.
Utilisation pratique au cinéma
Les conversations téléphoniques montrent les deux interlocuteurs simultanément sans montage cut-away – comme dans "Confidences sur l'oreiller" (1959) ou "Kill Bill Vol. 1". Les actions parallèles intensifient la tension : dans "Carrie", les préparatifs du bal se superposent au plan de vengeance. "24" utilisait des splits pour une narration en temps réel sur 24 heures. Le flux de travail nécessite une phase de planification précise, car les deux parties de l'image doivent être composées de manière équivalente. Inconvénient : la taille réduite de l'image par fil narratif peut diluer les détails.
Comparaison et alternatives
Le Picture-in-Picture superpose une image plus petite sur l'image principale, tandis que le Split Screen crée des champs équivalents. Le montage cut-away montre le même contenu séquentiellement plutôt que simultanément. Les configurations multi-caméras fournissent le matériel brut pour les splits, mais ne sont pas identiques à la composition finale de l'image. Les productions VR modernes utilisent des splits 360° pour la narration spatiale. Les formats Widescreen privilégient la division horizontale (2.35:1), tandis que le matériel 16:9 est généralement divisé verticalement.