Composition optique pour scènes champ-contrechamp — projection sur écran semi-transparent derrière l'objectif, en direct in-camera. Précurseur du front-projection.
Vous êtes assis face à une scène en plan/contreplan des années 1950 — des acteurs en dialogue, mais le partenaire n'a pas encore été filmé. Le procédé Hillman résout ce problème par une projection optique directement derrière l'objectif de la caméra. Un écran semi-transparent (miroir dichroïque ou plaque de verre à revêtement spécial) se trouve dans le trajet du faisceau entre l'objectif et le film. Derrière, des archives ou une projection en direct sont diffusées — votre partenaire de contreplan apparaît visible pour la caméra principale au même moment, sans que vous ayez besoin d'avoir l'acteur sur place.
Le procédé a permis une véritable composition en direct dans le viseur. Le directeur de la photographie voyait exactement le résultat final — l'éclairage de l'acteur en direct devait correspondre à la luminance du fond projeté. Cela nécessitait un étalonnage précis de la lumière et une luminosité stable du projecteur. Contrairement aux procédés ultérieurs de projection frontale, le système Hillman nécessitait une géométrie de miroir moins complexe, mais une plus grande pureté optique du matériau de l'écran. Chaque rayure, chaque irrégularité était visible dans l'image finale.
En pratique, la manipulation était délicate. La couche semi-transparente absorbait la lumière — vous perdiez environ 30 à 50 % de la puissance du projecteur. Votre objectif de caméra devait être très lumineux (ouverture de 2.0 ou mieux). L'étalonnage des couleurs entre le premier plan et le fond projeté nécessitait des prises de vues d'essai et des corrections de couleur manuelles sur des filtres colorés ou des changements d'ampoules de projecteur. Le zoom était à peine praticable — chaque mouvement de lentille modifiait l'équilibre optique.
Le procédé a principalement dominé les productions hollywoodiennes de la fin des années 1940 au début des années 1960. Il était plus rapide que le matte painting ou le post-traitement optique au montage — une scène pouvait être tournée en une journée. Avec l'avènement de la rétroprojection et plus tard de la projection frontale, le procédé Hillman a disparu, car ces techniques permettaient une meilleure qualité d'image et une mise à l'échelle plus flexible. Néanmoins, il reste une étape importante : il a prouvé que la composition optique en direct sur le plateau était possible — une idée fondamentale qui perdure aujourd'hui dans les extensions de plateau numériques.