Plage du spectre audio entre deux fréquences — p. ex. aigus (4–20 kHz) ou graves (20–250 Hz). Modeler le timbre en boostant ou coupant les bandes.
Sur le plateau et au montage, on travaille constamment avec des bandes de fréquences — sans forcément les nommer. Vous montez une scène de dialogue et vous remarquez : l'acteur sonne sourd, la voix est bloquée quelque part dans les graves. C'est un problème de bande de fréquences. Avec un égaliseur graphique, vous ciblez alors la plage de 100–300 Hz et vous la réduisez de 3–4 dB. La voix sonne déjà plus claire, plus percutante. C'est du travail sur les bandes de fréquences : vous isolez une zone définie du spectre audible (20 Hz à 20 kHz) et vous modifiez spécifiquement son volume.
En pratique, vous divisez mentalement l'audio en trois zones : les basses (20–250 Hz) contiennent la pression ambiante, les basses, mais aussi les bourdonnements et les bruits de moteur — il faut souvent travailler de manière soustractive ici pour gagner en clarté. Les médiums (250 Hz–4 kHz) sont le cœur de la parole et du rythme — c'est là que se trouvent la présence et la intelligibilité. Les aigus (4–20 kHz) apportent la brillance, les sibilantes (sons en "s"), l'éclat des cymbales. Trop, et cela devient fatigant ; trop peu, et cela sonne sans vie. Avec un égaliseur paramétrique ou graphique, vous adressez une bande de fréquences unique ou plusieurs en parallèle. Un filtre passe-bande isole une zone très étroite et agit comme un projecteur acoustique.
À l'entrée micro, vous utilisez des filtres passe-haut (High-Pass) — cela consiste essentiellement à couper complètement la bande de fréquences la plus haute en dessous de 80–100 Hz, pour éliminer le rumble ambiant, le bruit de la circulation et les frottements de câble. En montage dialogue, on le voit immédiatement dans le spectrogramme : les basses fréquences inférieures à 100 Hz ne sont souvent que du bruit, jamais de l'information. En mixage musical, la séparation des bandes de fréquences entre les instruments est cruciale — la grosse caisse et la basse partagent souvent la zone la plus grave ; par compensation de phase et atténuation ciblée des bandes de fréquences, vous créez de l'espace pour chaque son. Le monitoring via une bonne acoustique de pièce et de bons enceintes est essentiel ici — un studio trop réverbérant ou une proximité extrême avec les murs fausse complètement votre perception des bandes de fréquences.
Règle d'or : l'égalisation soustractive (abaisser les bandes de fréquences) est plus précise et naturelle que le rehaussement additif. Le rehaussement amplifie également le bruit et les artefacts. Si vous avez besoin d'une bande de fréquences, prenez-la avec un facteur Q large (flanc doux) — les pics agressifs sonnent artificiels et fatigants. Avec un analyseur de spectre, vous visualisez l'énergie réelle dans chaque bande de fréquences — c'est comme une radiographie pour votre oreille.