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Numérisation
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Numérisation

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Conversion de sources analogiques (film, vidéo, archives) en données numériques via scanner ou Télécine — résolution et profondeur de bits déterminent la qualité de restauration.

Aujourd'hui, quiconque travaille avec des archives ne peut éviter la numérisation. Le problème fondamental réside dans la réalité physique : le celluloïd se dégrade, les bandes magnétiques s'oxydent, et plus personne ne dispose de postes de montage pour le 16 mm. La conversion de sources analogiques en données numériques n'est plus une option de luxe depuis longtemps ; c'est une condition préalable à la restauration, à l'archivage et tout simplement à l'utilisation pratique dans le flux de travail moderne.

La qualité d'une numérisation dépend de deux paramètres critiques : la résolution et la profondeur de bits. Pour les scans de films, nous utilisons des télécinés ou des scanners DCP qui capturent l'original ligne par ligne — 2K, 4K, voire 6K, selon le matériel source et le budget. Une copie 35 mm de 1970 mérite au moins du 2K (2048 × 1080 pixels), le 16 mm devrait être scanné en 2K si l'on souhaite encore sauver des détails. La profondeur de bits est le deuxième levier : 8 bits est insuffisant pour l'archivage, 10 bits est la norme (pour la conformité DCP), 12 bits ou plus si des étapes de restauration suivent et que l'on souhaite se laisser une marge de manœuvre pour l'étalonnage.

Dans le flux de travail pratique, la numérisation implique également de prendre des décisions : la fréquence d'images et l'espace colorimétrique. Nous numérisons souvent des images fixes des années 1920 à 24 ips, bien qu'elles aient été initialement projetées à 16 ips — c'est un compromis délibéré entre l'authenticité et les habitudes de visionnage modernes. Le choix de l'espace colorimétrique (DCI P3, Rec. 709, ou Academy Color Encoding Specification) influence le travail ultérieur de l'étalonneur et l'apparence du matériel sur différents appareils.

Un aspect souvent sous-estimé : le nettoyage préparatoire. Aucun scanner n'extrait de la qualité d'un matériel brut détérioré. Les rayures, la poussière et les taches doivent être résolues avant le scan, pas après — un nettoyage physique avec des solvants spéciaux prend du temps, mais permet d'économiser d'énormes heures plus tard lors de la restauration numérique. Les opérateurs de téléciné expérimentés savent qu'une copie bien préparée et un bon calibrage de l'exposition lors du scan assurent déjà 70 % du travail de restauration.

La numérisation n'est pas la restauration — c'est la transformation. Ce qui suit (correction des couleurs, suppression des poussières et rayures, gestion du grain — voir aussi Restauration numérique) est le véritable artisanat. Mais sans une numérisation propre et haute résolution, tout travail ultérieur est voué à l'échec.

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