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Bertrand Process
Caméra

Bertrand Process

Murnau AI illustration
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Procédé photochimique pour négatifs couleur — construction par couches et coupleurs. Fondation technique de la pellicule couleur 35mm classique.

Ceux qui travaillaient avec des négatifs couleur dans les années 1930 et 1940 ne pouvaient ignorer l'architecture photochimique du procédé Bertrand. Le procédé reposait sur une structure de couches précise : des couches d'émulsion avec des coupleurs de couleur intégrés, qui ne libéraient leur information chromatique que lors du développement. Contrairement au Kodachrome, où les colorants étaient déjà présents dans les couches, le procédé Bertrand nécessitait que les coupleurs réagissent avec les produits d'oxydation du révélateur pendant le développement — une interaction chimique qui exigeait patience et températures constantes.

La conséquence pratique sur le plateau : le directeur de la photographie avait moins de contrôle direct sur la balance des couleurs qu'avec le procédé photographique Kodachrome. La caractéristique chromatique finale n'apparaissait qu'en laboratoire, en fonction de la température de développement, de la concentration des coupleurs et de l'étalonnage de l'exposition. Cela signifiait que la mesure de l'exposition et le choix des filtres étaient certes importants, mais la correction des couleurs constituait une affaire secondaire du procédé lui-même. Cette circonstance rendait nécessaires de longs tests — échelles de gris, charts de couleurs, multiples essais de tirage, jusqu'à obtention du résultat souhaité.

Historiquement, le procédé Bertrand a été une étape de transition entre les premiers procédés couleur limités et les négatifs couleur modernes comme l'Eastmancolor. Il a permis de produire économiquement du matériel 35 mm en couleur, sans avoir à passer par la complexité du procédé inversible Kodachrome — le négatif était plus facile à manipuler pour plusieurs tirages positifs. Mais les exigences en matière de contrôle du procédé et les tolérances d'erreur limitées lors de la mise en place des coupleurs en faisaient une technique exigeante, pas entièrement exempte de critiques.

Aujourd'hui, le procédé Bertrand fait partie de l'histoire muséale du cinéma, pertinent uniquement pour les archivistes et les restaurateurs qui doivent numériser d'anciens négatifs couleur. Cependant, ceux qui travaillent avec du matériel négatif couleur historique doivent comprendre que cette structure de couches fonctionne de manière totalement différente des formulations ultérieures — la sensibilité chimique est différente, la stabilité des couleurs dans l'archivage est différente. C'est ce qui fait la différence lors de la numérisation et de la restauration des couleurs.

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