Enregistrement secondaire non compressé parallèle à caméra principale — protection juridique pour accidents et blessures. Obligatoire sur les cascades.
Sur le plateau, elle tourne toujours, mais presque personne n'en parle : la deuxième caméra qui documente chaque scène — pas pour le film, mais pour l'assurance, les avocats, l'urgence. La caméra témoin enregistre en parallèle de la caméra principale, généralement sans compression, souvent sous un angle différent. Son rôle est de montrer plus tard, au tribunal ou à l'expert en sinistres, ce qui s'est réellement passé en cas de problème. Un acteur tombe d'une échelle. Un cascadeur reste au sol. Un assistant caméra se blesse lors d'un mouvement de caméra. Soudain, on a besoin de preuves — pas d'interprétation, pas de montage. On a besoin du plan brut sous un autre angle.
En pratique, cette caméra est généralement placée sur le côté de la caméra principale ou à proximité immédiate, souvent sur un deuxième trépied ou même à la main, selon la scène. Elle enregistre avec le son synchrone habituel, mais l'accent est mis sur l'enregistrement visuel. Important : elle démarre et s'arrête avant et après le véritable plan — laissez-la tourner au moins cinq secondes à l'avance. Cela donne aux avocats plus tard le contexte dont ils ont besoin. Certaines productions utilisent même un enregistrement smartphone pour cela lorsque le budget est limité, mais les plateaux professionnels présentant un risque plus élevé — cascades, pyrotechnie, tournages aquatiques, scènes exigeantes — utilisent une deuxième caméra professionnelle.
L'effort est minime, mais la responsabilité est maximale. Sans caméra témoin, on se retrouve rapidement dans une situation où c'est parole contre parole. Avec elle, il y a la troisième perspective — neutre, continue, non montée. Les assurances et les régisseurs de production l'exigent à juste titre lors du tournage de scènes critiques. Les données doivent être archivées — pas supprimées, pas jetées — au moins aussi longtemps que la police d'assurance est valide, souvent pendant des années. Certains plateaux stockent ces plans séparément de la post-production régulière, car ce sont des artefacts purement juridiques. Ils ne doivent jamais arriver au cinéma. Ils ne doivent être là qu'au cas où personne d'autre n'aurait vu ce qui s'est réellement passé.