Un storyboard est une séquence de dessins qui visualise chaque plan d'un film - comme une bande dessinée du film prévu.
Détails techniques
Les storyboards professionnels utilisent des tailles de panneaux standardisées de 3x2 pouces (7,6x5,1 cm) pour les dessins à la main ou de 1920x1080 pixels pour les versions numériques. Chaque panneau contient la composition de l'image, les mouvements de caméra (codés par des flèches), le texte des dialogues et des indications de timing en images ou en secondes. Les storyboards numériques modernes dans des logiciels comme Toon Boom Storyboard Pro ou Photoshop permettent des animatiques avec une cadence de lecture de 12 à 24 ips. La norme industrielle est de 6 à 12 panneaux par page A4 pour les versions imprimées, avec des marquages de rapport d'aspect pour différents formats cinématographiques.
Histoire & Développement
Webb Smith a développé en 1933 chez Disney les premiers storyboards systématiques pour "Les Trois Petits Cochons". Alfred Hitchcock a perfectionné la technique dans les années 1940 et a pré-visualisé chaque plan de "La Mort aux trousses" (1959) - soit 1 200 panneaux au total. Ridley Scott a établi dans les années 1970 les storyboards photographiques avec des appareils photo Polaroid. Depuis 2000, les storyboards numériques dominent avec l'intégration de la prévisualisation 3D, où des logiciels comme FrameForge ou Shot Designer simulent les optiques de caméra et la distorsion de l'objectif.
Utilisation pratique au cinéma
Steven Spielberg a utilisé plus de 2 000 panneaux de storyboard pour "Les Aventuriers de l'arche perdue" (1981), qui anticipaient exactement 85 % des plans finaux. Les productions axées sur l'action et les effets visuels, comme les films Marvel, créent 8 000 à 12 000 panneaux numériques par film. Le processus de storyboard réduit les temps de tournage en moyenne de 15 à 20 %, car les configurations de caméra sont définies à l'avance. Les animatiques avec son et timing réduisent les itérations de post-production jusqu'à 30 %. Les séquences complexes sont aujourd'hui souvent transférées directement des storyboards vers la prévisualisation 3D.
Comparaison & Alternatives
Les listes de plans (shot-lists) n'offrent que des descriptions textuelles sans référence visuelle, tandis que les storyboards définissent la composition de l'image et la mise en scène. Les animatiques étendent les storyboards avec le mouvement et le timing, mais nécessitent un temps de création 3 à 5 fois plus long. La prévisualisation 3D remplace de plus en plus les storyboards traditionnels pour les productions lourdes en effets visuels, mais coûte 500 à 1 000 € par minute de film visualisée, contre 50 à 150 € pour les storyboards dessinés. La production virtuelle avec des volumes LED rend les storyboards partiellement obsolètes, car les décors peuvent être ajustés en temps réel.