Bloc narratif avant le générique principal — généralement 5–15 minutes. Accroche le spectateur avant les crédits.
Les cinq à quinze premières minutes d'un film, avant que le titre principal n'apparaisse à l'écran — c'est le pré-générique classique. Vous y intégrez une scène ou une séquence complète, autonome, qui captive immédiatement le spectateur avant même qu'il ne sache le titre du film. James Bond en a fait un art : action, suspense, style visuel — puis la musique intervient, et le logo apparaît. Le spectateur est déjà assis.
Sur le plateau et au montage, le pré-générique fonctionne comme un crochet émotionnel. Il n'est pas nécessaire de raconter toute l'histoire, mais suffisamment pour susciter des questions. Une séquence imbriquée — poursuite, confrontation, énigme, choc visuel — crée une dynamique. Au montage, il est crucial de construire cette séquence rythmiquement de manière à ce qu'elle raconte une histoire autonome, tout en donnant le ton de ce qui va suivre. La succession des plans doit être plus rapide que le récit principal ; ici, il faut des rythmes clairs, pas de temps morts. La musique joue souvent un rôle important — elle monte déjà pendant le pré-générique et débouche directement sur le thème du générique.
Concrètement, cela signifie que vous montez cette séquence séparément du reste. Elle a son propre rythme, parfois même sa propre étalonnage. Le montage doit être si précis que les spectateurs ne remarquent pas à quel point ils sont manipulés. La lumière, le mouvement de caméra — tout doit respirer, mais sans être mou. Si votre pré-générique semble trop long ou déverse trop d'informations, vous perdez l'effet. Il doit susciter la curiosité, pas expliquer. Un bon exemple : vous montrez la conséquence d'une action (un personnage en danger), pas la cause (pourquoi il est là). Cela crée du suspense par l'incomplétude.
Dans le montage numérique, vous utilisez ici volontiers des transitions et des effets de manière plus consciente que dans le reste du film — jump cuts, coupes éclairs, perspectives inattendues. Le pré-générique vous permet une échappée stylistique qui précède le film principal comme une bande-annonce que vous feriez vous-même. À la fin : le titre apparaît, le pic musical, la scène suivante commence — et le spectateur est déjà captivé.