Bandes de couleur artificielles — perte de dégradés tonaux lors d'une réduction de profondeur bit ou quantification de couleur agressive. Résultat d'artefacts de codec.
Tu connais ça : tu touches aux courbes dans l'étalonnage, et soudain, des blocs de couleurs non naturels apparaissent au lieu de transitions douces. C'est la posterisation — et elle arrive plus vite que tu ne le voudrais, lorsque tu travailles avec du matériel qui n'a pas assez de profondeur de bits ou qui a été compressé de manière agressive.
La réalité technique est brutale. Chaque couleur dans l'image numérique est définie par des valeurs numériques. Avec 8 bits par canal (RVB), tu as théoriquement 256 niveaux par couleur — cela semble beaucoup, mais c'est sacrément peu lorsque tu commences à étalonner en postproduction. Chaque manipulation de courbe, chaque ajustement de niveaux, chaque application de LUT — tu re-quantifies les valeurs. Les dégradés fins dans les tons de peau ou les ciels deviennent des bandes visibles. L'œil le voit immédiatement : ça fait cheap, numérique, artificiel. C'est particulièrement critique lors de tournages en extérieur avec beaucoup de ciel ou d'eau.
Sur le plateau, tu peux peu y faire, si ce n'est l'anticiper dans le format : le matériel Log (comme Alexa LogC ou DaVinci Wide Gamut) enregistre plus d'informations de couleur, même si le fichier est en 8 bits — grâce à l'encodage par courbe. En montage et en étalonnage, ta stratégie est la suivante : travaille avec une profondeur de bits plus élevée (32 bits flottants dans DaVinci, ou au moins 16 bits) avant de finaliser. Cela te donne de la marge pour des manipulations d'étalonnage agressives, sans que la quantification ne devienne visible. Une autre erreur : le sous-échantillonnage de chrominance agressif (4:2:0) aggrave considérablement le problème — l'information de couleur est déjà réduite avant même que tu ne commences.
Conseil pratique du travail quotidien : la posterisation est aussi le signe que ton matériel a été trop compressé ou que tu as dû tourner avec un format proxy de mauvaise qualité. Si tu remarques que la marge de manœuvre de l'étalonnage est extrêmement étroite, la posterisation est souvent déjà présente avant même d'entrer dans la fenêtre d'étalonnage. Dans de tels cas, une seule chose aide — un effet de dithering subtil ou du bruit dans l'étalonnage peut masquer les transitions visibles. Pas idéal, mais mieux que des couleurs en blocs. Un autre terme que tu devrais connaître : le banding — c'est pratiquement le phénomène esthétiquement visible de la posterisation, surtout dans les ciels et les dégradés de couleur.