Truc de caméra des années 1920 — toile de fond mobile derrière objet transparent. Précurseur de la projection de fond ; permettait la composition en temps réel.
Dès les années 1920, il fallait trouver des solutions pour les incrustations sans table de trucage ni double exposition — et c'est précisément là qu'intervient le procédé Pomeroy. On place un écran mobile derrière un objet transparent ou semi-transparent au premier plan, tandis que la caméra capture les deux plans simultanément. Le résultat : des acteurs devant une fenêtre, une voiture en mouvement en arrière-plan, le tout enregistré en une seule prise, sans avoir à faire de masquage ou de combinaison optique ultérieure.
La technique fonctionne de manière pragmatique : un écran — souvent blanc ou clair — défile derrière une vitre, de la soie ou une autre feuille translucide. Le plan avant reste relativement statique ou bouge de manière contrôlée, tandis que l'écran arrière simule le mouvement de l'arrière-plan. La direction de l'éclairage est essentielle — la projection d'arrière-plan doit paraître moins nette que le premier plan, sinon la séparation semble fausse. Contrairement à la rétroprojection (projection par l'arrière sur un écran) ultérieure, Pomeroy travaillait avec un mouvement physique et une superposition optique.
Sur le plateau, on perçoit rapidement les limites : les mouvements de caméra sont très restreints — un panoramique peut détruire tout le dispositif, car la relation perspective entre le premier plan et l'écran mobile n'est pas correcte. Mais pour des dispositifs statiques, comme un acteur à la fenêtre pendant qu'une rue défile dehors, Pomeroy était économique et fiable. Pas de journée de tournage coûteuse sur site réel nécessaire, pas de double exposition dont le timing est fastidieux.
Historiquement, le procédé marque une transition : les premières techniques de trucage étaient axées sur le montage, Pomeroy a introduit le compositing en direct sur scène — bien que de manière primitive. Plus tard, la rétroprojection et le keying numérique ont remplacé ces solutions mécaniques, mais l'approche conceptuelle — plusieurs plans d'image simultanément devant l'objectif — reste fondamentale. Ceux qui utilisent aujourd'hui des écrans verts travaillent selon le même principe logistique, la séparation se faisant simplement numériquement. Le procédé Pomeroy était la version matérielle de cette idée.