Optique anamorphique spécialisée — aberrations chromatiques massives, iridescence en bordure. Standard du cinéma expérimental depuis les années 70.
Vous avez besoin d'un look qui flotte entre la réalité et la perturbation visuelle — alors vous vous tournez vers la lentille de pitching. L'engin est essentiellement un élément optique anamorphique avec des filtres dichroïques intégrés qui réfractent la lumière de manière à ce que les couleurs se séparent et gonflent en halos colorés sur les bords de l'image. Pas comme les flares d'objectif classiques que vous obtenez avec un diaphragme — ceci se produit systémiquement, dans le verre lui-même. Les aberrations ne sont pas des défauts que vous minimisez, mais l'élément de conception.
Établie dans la pratique cinématographique expérimentale depuis les années 70, car elle offre exactement cela : des franges de couleur incontrôlables qui varient selon la situation d'éclairage et la distance focale. Un acteur se tient devant un fond neutre, et soudain une bande magenta traverse le bord gauche. Vous ne pouvez pas le prévoir, vous ne pouvez pas le régler en post-production — cela s'est produit en direct sur le capteur/film. Certains directeurs de la photographie adorent précisément cette incontrôlabilité, car elle confère au processus numérique une sorte de défaut organique. D'autres l'évitent comme la peste, car chaque prise de vue est différente.
Pratique : vous examinez la lentille de pitching lors de tests avant qu'elle n'entre en production. Les franges de couleur se déplacent en fonction de la couleur du sujet — les tons chauds font diverger les aberrations différemment des tons froids. De petites caractéristiques d'ouverture modifient l'intensité. Certains directeurs de la photographie l'utilisent comme une subtile irritation en arrière-plan, d'autres la montent frontalement sur le sujet et en font précisément le message de l'image. Vous avez besoin d'une lumière stable, car les fluctuations font danser sauvagement les franges de couleur.
Elle est directement apparentée à d'autres manipulations optiques comme les filtres de diffusion ou les prismes dichroïques — mais alors que ceux-ci sont domptés, la lentille de pitching danse. Aujourd'hui, à l'ère numérique, de nombreux cinéastes expérimentaux et productions d'art et d'essai y ont recours à nouveau, car elle apporte une authenticité de la distorsion qu'aucune LUT ne peut imiter. Vous la trouverez plutôt dans des magasins d'optique spécialisés que dans un kit standard. Mais si le look l'exige — que l'image elle-même commence à scintiller — c'est le bon choix.