Procédé de couleur additif ancien (1909–1950s) — trois négatifs N&B exposés via filtres de couleur. Visible dans les films muets.
Le Pathé-Color fonctionnait selon un principe aujourd'hui presque oublié — trois bandes de film noir et blanc distinctes étaient exposées simultanément, chacune derrière un filtre de couleur différent (rouge, vert, bleu). La caméra était conçue en conséquence : un dispositif à plusieurs magasins de film qui enregistrait trois images en parallèle. Lors de la projection ou de la copie, ces trois bandes étaient ensuite superposées optiquement et enregistrées — le principe du mélange additif des couleurs.
Le procédé avait des conséquences pratiques considérables pour la production. Le temps d'exposition était environ un tiers plus long qu'en noir et blanc, car la lumière était perdue à travers les filtres de couleur. Cela signifiait : plus de lumière artificielle, des décors plus grands, des coûts d'électricité plus élevés. Et la netteté en souffrait — trois bandes qui devaient être enregistrées avec précision entraînaient des décalages, surtout lors des mouvements. On voyait des franges colorées sur les mouvements rapides, particulièrement lors des panoramiques horizontaux. C'est pourquoi les productions se retenaient consciemment lors des scènes à forte intensité de mouvement ou revenaient au noir et blanc.
Pour les monteurs et les projectionnistes, le Pathé-Color était un cauchemar : les trois bandes devaient fonctionner en parfaite synchronisation lors de la copie, sinon l'enregistrement des couleurs se décalait. Un saut dans le film entraînait des pertes et des décalages de couleur. Dans le projecteur, il fallait un équipement spécialisé — les machines de projection noir et blanc normales ne fonctionnaient pas. C'est aussi la raison pour laquelle tant de ces copies couleur ont été perdues aujourd'hui : la technique était trop spécialisée, trop fragile, trop coûteuse en exploitation.
Visuellement, il se reconnaît à sa teinte pastel légèrement trouble — le vrai Pathé-Color n'est pas criard, mais doux et avec moins de saturation des couleurs que les productions Kodachrome ou Technicolor ultérieures. Les lèvres rouges paraissent plus mates, les verts plus sourds. C'était aussi un choix esthétique délibéré : la technique ne pouvait pas tout faire, donc on travaillait avec ses limites. Le Pathé-Color a été utilisé d'environ 1909 jusqu'au milieu des années 1950 — après quoi il a été complètement supplanté par des procédés additifs plus modernes, puis soustractifs.