Studio indépendant (1978–1999) connu pour ses films de prestige et productions d'auteur — "Platoon", "RoboCop", "Le Silence des agneaux". Faillite après reprise par MGM.
Orion Pictures est née en 1978 d'une scission de United Artists — une entreprise qui s'est avérée rentable pendant deux décennies. Les fondateurs avaient identifié une niche sur le marché : entre les usines à blockbusters et les boutiques purement arthouse, il était possible de gérer un studio qui associait un savoir-faire de qualité à un sens aigu des affaires. Sur le plateau, cela se voyait immédiatement — Orion finançait des réalisateurs qui savaient ce qu'ils voulaient, sans tomber dans le purisme artistique.
Le profil était clair : la sensibilité européenne rencontrait le savoir-faire narratif américain. Platoon (1986) d'Oliver Stone n'était pas l'épopée habituelle sur le Vietnam — caméra brute, ambiguïté morale, pas de fausse attitude héroïque. RoboCop (1987) de David Cronenberg montrait comment transformer un pitch pulp en un film d'action philosophique. The Silence of the Lambs (1991) de Jonathan Demme prouvait qu'Orion ne pensait pas seulement en termes de niche — le film est devenu un phénomène culturel et a remporté les Oscars. Le studio avait le flair pour les projets qui n'étaient pas des succès garantis, mais qui possédaient une intégrité esthétique. En tant que producteur ou directeur de la photographie, vous saviez : vous aviez ici de la marge pour travailler, tant que les chiffres étaient bons.
La réalité financière était cependant plus fragile que l'image ne le suggérait. Les années 1990 ont été plus difficiles — surinvestissements, sorties plus faibles, le marché exigeait des franchises plutôt que des titres individuels avec de la profondeur. Lorsque MGM a racheté Orion en 1997, le jugement économique avait déjà été rendu. La marque a disparu en 1999 dans les structures administratives d'un grand groupe. Aujourd'hui, les directeurs de la photographie et les producteurs se souviennent d'Orion comme de cette ère rare où, entre les cycles de blockbusters, on trouvait encore de la place pour des thèmes existentiels — sans pour autant devenir socialement non pertinent.