Le distributeur achète le négatif terminé plutôt que de financer — le producteur porte le risque. Structure classique des films indépendants.
Le producteur termine le tournage de son film, assume les coûts, puis cherche un distributeur. C'est le Negative Pickup — un accord où les distributeurs achètent le négatif fini (ou aujourd'hui : le DCP, master numérique) au lieu d'investir de l'argent au préalable. Le financement de la production est assuré par le producteur lui-même ou par d'autres sources (banques, investisseurs, fonds cinématographiques nationaux). Le distributeur n'intervient que lorsque l'image et le son sont finalisés. Le risque repose entièrement sur le cinéaste.
En pratique, cela se déroule comme suit : vous disposez d'un budget provenant d'une source quelconque — investisseurs privés, crowdfunding, prêt à la production — vous tournez votre film, passez au montage, effectuez le DI et la finition sonore. Parallèlement ou après, vous envoyez un rough cut ou le matériel fini aux distributeurs. Ils regardent ce que vous avez et disent : Oui, nous vous achetons les droits de distribution pour l'Allemagne/l'Autriche/la Suisse pour tant d'euros. C'est terminé. Vous recevez une somme, les coûts de production sont, espérons-le, couverts, et le distributeur assume désormais les coûts de marketing et le risque du box-office.
Le modèle classique pour les films indépendants, surtout après des festivals ou des concours. Vous gagnez à Venise ou à Berlin, vous suscitez soudainement l'intérêt de plusieurs distributeurs, et vous vendez pratiquement votre négatif aux enchères. Mais cela fonctionne aussi pour des productions plus petites : films régionaux, documentaires, cinéma de genre — si le distributeur pense que cela peut se vendre, il achète le produit fini.
Piège pratique : L'argent du Negative Pickup n'est pas garanti. Vous devez pouvoir financer entièrement votre film, SANS savoir si un distributeur l'achètera et à quel prix. Certaines productions échouent financièrement parce qu'elles sont terminées et qu'aucun distributeur ne montre d'intérêt. Ou le prix proposé ne suffit pas à couvrir les coûts de production. C'est pourquoi les producteurs travaillent souvent avec des "presales" — c'est-à-dire avec des engagements de distributeurs pendant que la post-production est en cours — pour minimiser le risque. Il s'agit alors d'un hybride entre un véritable Negative Pickup et un pré-financement. Dans le cas de véritables Negative Pickups, ce n'est pas le cas : une fois terminé, on négocie.