Bande magnétique ou piste numérique avec marques de code temporel au début — synchronise le matériel et enfile les machines de montage.
Le "leader" (ou bande d'amorçage) a longtemps constitué l'ouverture indispensable de chaque bobine de bande magnétique dans la salle de montage. Avant le début du montage image, on déroulait quelques mètres de bande vierge ou marquée par un timecode — ce segment permettait à l'opérateur de la machine de montage d'insérer la bobine sans tomber immédiatement sur du matériel critique. Le leader créait un tampon de sécurité et donnait au personnel technique le temps de stabiliser et de synchroniser correctement la machine.
Concrètement, cela fonctionnait ainsi : on marquait le leader avec des numéros de timecode clairs — généralement un compte à rebours de 00:10:00 à 00:00:00 ou des repères de seconde toutes les cinq secondes. Ces marques permettaient d'ajuster précisément plusieurs bobines les unes par rapport aux autres et de garantir une synchronisation sans erreur. Le monteur vérifiait à l'aide de ces numéros si la machine de montage fonctionnait correctement et si toutes les bandes sources suivaient le même rythme — ce qui est crucial lorsque l'on travaille avec plusieurs pistes sonores synchrones.
Dans le flux de travail numérique, le leader physique est depuis longtemps obsolète. Les NLE (Non-Linear Editors) modernes génèrent automatiquement des codes de synchronisation ; l'ordinateur de montage n'a plus besoin de tampon mécanique d'insertion. Néanmoins, on trouve encore dans les archives professionnelles de diffusion et de cinéma des bandes avec des leaders classiques — par égard pour la compatibilité et pour le cas où du matériel plus ancien devrait être transféré sur des machines de montage linéaire. Ceux qui travaillent avec des bandes magnétiques analogiques ou des cassettes U-matic ne pourront pas éviter de comprendre le rôle du leader.
Une note pratique : un bon leader est toujours vierge et magnétiquement neutre — n'utilisez jamais de chutes de montage ou de matériel dégradé. Des leaders endommagés entraînent des erreurs de synchronisation et des démarrages à faux inutiles. Dans les archives professionnelles, le leader est donc traité comme le matériel lui-même : soigneusement étiqueté, protégé de la chaleur et des champs magnétiques, et régulièrement contrôlé.