Coupes où le son et l'image ne changent pas simultanément – l'audio s'exécute avant (J-Cut) ou après (L-Cut).
Détails techniques
Dans les systèmes de montage numérique tels qu'Avid Media Composer ou Adobe Premiere, les coupes en J et en L sont créées en ajustant les pistes vidéo et audio sur typiquement 12 à 48 images (0,5 à 2 secondes à 24 ips). Le décalage entre la coupe vidéo et la coupe audio est généralement de 6 à 24 images pour des transitions subtiles, ou jusqu'à 72 images pour des effets dramatiques. Les systèmes NLE (Non-Linear Editing) modernes permettent un ajustement précis image par image grâce à la manipulation séparée de la piste vidéo V1 et des pistes audio A1/A2.
Histoire et développement
La technique s'est développée dans les années 1930 avec l'avènement du cinéma sonore, lorsque des monteurs comme Hal C. Kern dans "Autant en emporte le vent" (1939) ont commencé à monter systématiquement l'audio et la vidéo séparément. La percée a eu lieu dans les années 1970 grâce à des monteurs comme Dede Allen ("Bonnie et Clyde", 1967) et Hal Ashby ("Le Gauchers", 1968). Avec la numérisation à partir des années 1990, les coupes en J/L sont devenues un outil standard, car la manipulation séparée des pistes audio et vidéo a été techniquement simplifiée.
Utilisation pratique au cinéma
Les coupes en J dominent les scènes de dialogue : Dans "The Social Network" (2010), Angus Wall utilise des coupes en J dans les scènes de déposition pour superposer les commentaires hors champ d'Eisenberg sur des plans de réaction existants. Les coupes en L renforcent les moments émotionnels – dans "Her" (2013), les dialogues de Joaquin Phoenix se poursuivent sur des vues de la ville pour visualiser l'isolement. Les films d'action utilisent des coupes en L pour les explosions : le son de la détonation se poursuit sur le plan de réaction des protagonistes. Les deux techniques réduisent les coupes franches en moyenne de 60 % par rapport aux coupes droites.
Comparaison et alternatives
Les coupes droites (montage audio-vidéo simultané) semblent plus directes, mais plus mécaniques que les coupes en J/L. Les montages alternés (cross-cuts) alternent entre les lieux, tandis que les coupes en J/L opèrent au sein d'une même scène. Les ponts sonores (audio bridges) relient également des plans, mais s'étendent sur plusieurs coupes. Les montages fractionnés (terme générique pour les coupes en J/L) se distinguent des montages thématiques (match cuts) par leur focalisation sur le décalage audio-vidéo plutôt que sur la continuité visuelle. Dans les séquences d'action trépidantes, les coupes droites dominent, tandis que les scènes de dialogue utilisent les coupes en J/L dans 80 % des cas.