Transition circulaire qui s'ouvre ou se ferme comme un diaphragme — classique du cinéma muet. Aujourd'hui rare, mais très intentionnel.
L'iris fonctionne comme un diaphragme mécanique dans le montage — un cercle qui se ferme de l'extérieur vers l'intérieur ou s'ouvre de l'intérieur vers l'extérieur, régulant ainsi la transition entre deux plans. C'était la norme dans le cinéma muet. Griffith utilisait systématiquement l'iris pour attirer l'attention ou conclure des scènes. Techniquement, à l'époque, il fallait un mécanisme de compas à masque devant la caméra ou le faire en montage optique — aujourd'hui, on le réalise numériquement, dans un NLE ou avec des plugins After Effects.
Concrètement, cela fonctionne ainsi : le cercle noir s'agrandit autour d'un personnage et l'isole du reste de l'image, tandis que tout ce qui l'entoure s'assombrit — un effet de focalisation sans l'optique moderne de travelling optique. On l'utilise aujourd'hui consciemment pour donner une impression vintage ou pour la briser de manière ironique. Un iris sur une expression faciale surprise a un effet comique. Sur une scène dramatique, il a un effet historicisant, presque nostalgique. C'est là le piège : il faut savoir que le spectateur lit immédiatement la forme comme étant "vieillotte".
Dans le montage moderne, on rencontre l'iris plutôt dans des séquences de montage, des comédies ou des documentaires qui jouent délibérément avec des transitions classiques. Tarantino l'a utilisé occasionnellement — non pas comme un gag, mais comme un moyen de composition graphique qui accentue la composition de l'image. La différence avec d'autres fondus comme le fondu ou le coupé : l'iris intègre la forme elle-même dans l'action. Elle n'est pas invisible. Elle dit : "Je suis un ancien moyen de composition."
Techniquement, lors de son utilisation, il faut veiller à ce que la vitesse de l'iris soit correcte — trop rapide, cela paraît bon marché, trop lent, cela devient lourd. Et la position du cercle doit être juste : au centre, c'est ennuyeux, légèrement décalé ou centré sur un personnage donne de la structure au plan. Dans les flux de travail couleur avec des prises de vue high-key, l'iris noir paraît dur et graphique. Mais avec le bon mouvement et le bon timing, il peut aussi paraître élégant — surtout en noir et blanc ou dans des espaces colorimétriques chauds et sombres. Aujourd'hui, c'est un signe de conception, plus une transition standard. Ceux qui l'utilisent le font intentionnellement.