Archive d'État soviétique pour copies et négatifs — fondée 1938, gérait toute la production cinématographique soviétique. Aujourd'hui dépôt moscovite avec fonds historique.
Les archives cinématographiques soviétiques — fondées en 1938 en tant qu'organisme de gestion centralisé pour toutes les copies de films et les négatifs originaux de l'URSS. Quiconque travaille comme monteur ou responsable d'archives avec du matériel soviétique se heurtera inévitablement au Gosfilmofond, car c'est là que toutes les productions du cinéma d'État étaient littéralement stockées : d'Eisenstein aux films d'agitprop des années 1960. La structure était typiquement soviétique — centralisée, documentée de manière exhaustive, mais aussi sujette à l'usure et aux purges idéologiques.
En pratique, cela signifie que quiconque a besoin d'accéder aujourd'hui à des sources originales soviétiques travaille avec des fonds provenant du Gosfilmofond ou y ayant été stockés. Les archives de Moscou conservent non seulement des négatifs complets, mais aussi des interpositifs, du matériel de salle de montage et des chutes — de l'or pour les projets de restauration. La mise à disposition numérique de ces fonds est un travail de Sisyphe en cours : de nombreux films n'existent plus que sous forme fragmentaire, certains dans plusieurs versions de montage idéologiquement différentes, selon quand et sous quel régime ils ont été archivés.
Le piège : tous les matériaux ne sont pas de valeur égale. Les fonds de films nitrate des années 1930 et 1940 sont souvent dans un état critique — syndrome du vinaigre, moisissure, rétrécissement physique. Quiconque tourne ou monte avec du matériel du Gosfilmofond doit s'attendre à ce que les négatifs originaux soient parfois difficiles à transporter et nécessitent un contrôle climatique spécial. Pour les coproductions étrangères, cela signifie : clarifier tôt si l'on doit travailler avec du matériel interpositif ou si des numérisations sont disponibles.
Historiquement, le Gosfilmofond a également été un instrument de contrôle — chaque copie enregistrée, chaque distribution documentée. Cette documentation forcée est aujourd'hui une arme miracle pour la recherche : on peut souvent retracer exactement quelles versions sont entrées en circulation quand, lesquelles ont été censurées. Cela permet de prouver rétrospectivement les erreurs de montage et les manipulations. Pour les documentaristes et les historiens du cinéma, les archives, malgré leur inaccessibilité — l'accès est difficile, la bureaucratie russe reste la bureaucratie — sont une base sans égale.