Photogramme gelé créé en répétant la même image 24 fois par seconde pour arrêter le mouvement. Variantes : arrêt sec, transition douce ou mouvement de caméra sur l'image fixe.
Détails techniques
Avec un métrage de 24 ips, une image sélectionnée est copiée exactement 24 fois par seconde pour créer l'illusion d'un moment figé. En postproduction numérique, cela se fait par des algorithmes d'étirement temporel (Time Remapping) avec une vitesse de 0 %. Les copies de films analogiques nécessitaient une duplication mécanique de l'image choisie sur la table de copie.
Il existe trois variantes principales : le freeze frame dur (arrêt brutal), le freeze frame doux (avec fondus entrants/sortants) et le freeze frame animé, où des mouvements de caméra ou des zooms sont superposés à l'image figée. La qualité de l'image peut être améliorée par interpolation entre les images adjacentes.
Histoire et développement
François Truffaut a utilisé le premier freeze frame emblématique de l'histoire du cinéma en 1959 dans "Les 400 coups" – le regard d'Antoine Doinel vers la caméra sur la plage est devenu la marque de fabrique de la Nouvelle Vague. George Stevens avait déjà utilisé des images figées pour des accents dramatiques en 1956 dans "Géants".
La technique a atteint son apogée dans les années 1970 avec des films comme "Bonnie and Clyde" (1967) et "Butch Cassidy and the Sundance Kid" (1969). Les systèmes de montage numériques depuis les années 1990 ont fait du freeze frame un outil standard de toute postproduction.
Utilisation pratique au cinéma
L'application classique du freeze frame se retrouve dans la présentation des personnages – par exemple dans "Les Affranchis" (1990), où Scorsese introduit chaque protagoniste par une image figée. Thelma Schoonmaker, la monteuse de Scorsese, utilise une durée de 2 à 4 secondes pour un impact optimal.
Dans le genre de l'horreur, les images figées renforcent les moments de choc, tandis que les comédies les utilisent pour les punchlines. Le flux de travail comprend la sélection de l'image, le contrôle qualité lors des agrandissements et la correction des couleurs de l'image statique. Les inconvénients apparaissent lors des mouvements rapides, où les images figées peuvent apparaître floues ou brouillées.
Comparaison et alternatives
Le freeze frame se distingue du ralenti par un arrêt complet du mouvement, tandis que le ralenti extrême (plus de 1000 ips) produit des effets dramatiques similaires. La photographie fixe au cinéma utilise quant à elle de véritables photographies plutôt que des images de film figées.
Les Motion Graphics modernes étendent les freeze frames grâce aux techniques 2.5D, où les plans d'image sont séparés et animés spatialement. La photographie Time Slice avec jusqu'à 120 caméras synchronisées remplace les freeze frames classiques par des moments figés à 360 degrés, popularisés par "Matrix" (1999).