Final Cut : version montée finalisée d'un film après postproduction complète, incluant l'étalonnage, le mixage sonore et l'intégration des VFX.
Détails techniques
Le montage final moderne est généralement livré sous forme de DCP (Digital Cinema Package) en résolution 2K (2048×1080 pixels) ou 4K (4096×2160 pixels) à 24 ips. La profondeur de couleur est de 12 bits par défaut, et la compression est sans perte avec JPEG 2000. Des versions spécifiques sont créées pour différentes fenêtres d'exploitation : version cinéma, Director's Cut, version étendue ou montages internationaux avec des durées adaptées entre 90 et 180 minutes selon le marché cible.
Histoire et développement
Le concept du montage final est né en 1927 avec l'introduction par Irving Thalberg de projections tests systématiques chez MGM. Jusqu'aux années 1970, le pouvoir de décision appartenait exclusivement aux studios. En 1980, Michael Cimino a été le premier à obtenir contractuellement le droit au montage final après "La Porte du Paradis". Aujourd'hui, seuls environ 30 réalisateurs de premier plan comme Christopher Nolan ou Quentin Tarantino bénéficient de droits de montage final garantis. La révolution numérique depuis 2005 a réduit les coûts des versions montées de 85 %, car il n'est plus nécessaire de produire de copies physiques.
Utilisation pratique au cinéma
"Blade Runner" de Ridley Scott existe en sept versions officielles montées d'une durée comprise entre 112 et 117 minutes. Le montage final est réalisé après une post-production moyenne de 12 à 16 semaines, à partir d'un ratio de matière première allant de 20:1 à 100:1. Les productions à gros budget créent jusqu'à huit montages finaux différents en parallèle pour les marchés internationaux : la version chinoise de "Bohemian Rhapsody" a supprimé 2,5 minutes de contenu homosexuel, tandis que la version allemande a été raccourcie de 45 secondes de scènes violentes.
Comparaison et alternatives
Le montage final se distingue du rough cut par la correction colorimétrique, le mixage sonore et l'intégration des effets visuels finalisés. L'assembly cut ne contient pas encore de peaufinage rythmique, tandis que le Director's Cut correspond à la vision artistique sans ingérence du studio. Les plateformes de streaming ont introduit en 2019 les "Living Final Cuts" : Netflix a modifié "The Irishman" après sa sortie dans 47 pays pour des raisons de censure locale. Le montage final traditionnel et immuable est de plus en plus remplacé par des versions adaptatives.