Procédé Harryhausen: action réelle et créatures animées filmées séparément, puis composées. Fusionnait stop-motion et acteurs vrais dans le même cadre — technique pionnière des années 50–60.
Ray Harryhausen a résolu avec cette technique un problème qui tourmentait les cinéastes depuis les années 1920 : comment intégrer de manière convaincante des créatures animées dans la même image que des acteurs vivants ? Sa solution était à la fois pragmatique et géniale : il tournait les scènes avec des acteurs séparément, les projetait ensuite derrière son modèle en stop-motion, et photographiait l'ensemble une nouvelle fois. Le résultat : le monstre se trouve spatialement dans la même image que l'acteur, et non devant ou derrière lui comme avec le matte painting classique.
La mise en œuvre pratique était laborieuse. Harryhausen tournait d'abord les acteurs devant un fond blanc ou noir — ou utilisait des parties de décors réels. Ces négatifs étaient ensuite projetés dans son appareil d'animation spécialisé, tandis qu'il animait son modèle devant l'écran en stop-motion. Chaque image nécessitait de la précision : le modèle devait se déplacer dans une relation spatiale exacte par rapport à l'action projetée, sinon la taille semblait fausse ou l'interaction invraisemblable. Un mauvais mouvement — et 30 images de travail étaient à jeter.
Ce qui différenciait la technique du simple rotoscoping : le modèle était réellement tridimensionnel, projetait de vraies ombres, réagissait à la lumière. Cela donnait aux créatures une présence que l'animation 2D n'atteignait jamais. Des films comme The Seventh Voyage of Sinbad (1958) ou Jason and the Argonauts (1963) montrent le potentiel — les squelettes, le cyclope semblent présents, pas peints. Le spectateur sent que quelque chose de matériel est dans l'espace.
Les limitations étaient considérables. La vitesse de mouvement devait être constante — les coupes rapides étaient difficiles. La dynamique souffrait de la nécessité de tout rassembler dans un seul montage. Avec l'avènement du compositing numérique dans les années 1990, la technique est devenue obsolète. Mais pour son époque, elle était la norme pour le travail de créatures dans les blockbusters hollywoodiens. L'héritage de Harryhausen perdure encore aujourd'hui — le motion capture moderne utilise des logiques hybrides similaires : une performance réelle dans le même espace numérique.