Correction chromatique numérique entre plans — élimine les dominantes et harmonise l'exposition. Indispensable avec sources mixtes ou interruptions de tournage.
Lors du montage de rushes tournés sur plusieurs jours ou avec différentes caméras, des différences de couleur qui n'étaient pas apparentes en visionnant des clips individuels apparaissent rapidement. C'est là qu'intervient le dunning — une procédure de correction numérique qui harmonise systématiquement les dominantes de couleur et les différences d'exposition entre les prises. Le terme est issu du color grading anglais et décrit moins un outil unique qu'un processus global d'ajustement des couleurs au montage et en postproduction.
L'application pratique commence dès la revue numérique des dailies : dès que l'on voit côte à côte des rushes de deux caméras différentes — par exemple une 5D Mark IV à côté d'une RED Komodo — ou si la même caméra a tourné dans des conditions d'éclairage variées, il devient clair qu'une cohérence des couleurs est nécessaire. Le dunning corrige ici systématiquement : on mesure les températures de couleur, on ajuste la saturation, on neutralise les dominantes de couleur provenant de sources lumineuses mixtes (lumière du jour + lumière artificielle) et on s'assure que le langage visuel émotionnel reste cohérent tout au long du film. Cela se fait souvent à l'aide de tables de correspondance (LUTs), de corrections de zones de couleur isolées ou de corrections secondaires d'éléments individuels.
Dans la vie de tous les jours sur le plateau et au montage, le dunning devient une nécessité dès que plusieurs caméras tournent en parallèle ou lorsque l'on filme un lieu à différents moments de la journée. Une prise extérieure du lundi a pu avoir lieu sous un ciel couvert, celle du vendredi était ensoleillée — les deux prises doivent fonctionner ensemble plus tard dans la même scène. Les systèmes NLE modernes proposent des outils de dunning directement au montage ; des logiciels de grading spécialisés comme DaVinci Resolve ou Mistika permettent des corrections plus précises et non destructives sur tous les clips. Le processus est itératif : on commence par des balances des blancs grossières, puis on affine progressivement le contraste, la saturation et les canaux de couleur individuels, jusqu'à ce que l'ensemble des rushes « s'accordent » visuellement.
Un scénario fréquent : des prises de vues en intérieur avec un éclairage mixte, où les fenêtres (lumière du jour ~5500K) rencontrent des plafonniers artificiels (~3200K). Les corrections de dunning doivent ici procéder de manière différenciée — ne pas tout lisser sur une seule valeur de blanc, mais préserver les caractéristiques de la lumière et synchroniser uniquement là où c'est nécessaire. C'est ce qui distingue un dunning professionnel de corrections automatiques grossières.