Enregistrement de dialogues en postproduction sur l'image — l'acteur synchronise en cabine. Essentiel pour les versions en d'autres langues et corrections de dialogues.
Vous êtes dans le studio de doublage, l'acteur se tient devant le moniteur, casque sur les oreilles, attendant son entrée. L'image défile, les mouvements des lèvres sont visibles pixel par pixel — et maintenant, il doit être précis. C'est le doublage : l'art de superposer la voix à l'image après coup, de manière à ce que la bouche et le son ne fassent qu'un. Ça semble simple, mais ça ne l'est pas.
Dans le quotidien de la production, vous avez besoin du doublage pour trois raisons : premièrement, pour les versions linguistiques — un film anglais obtient une version allemande, française, espagnole. Deuxièmement, pour les corrections ADR (Automated Dialogue Replacement), lorsque le son sur le plateau était mauvais, trop de bruit de circulation, ou que l'acteur lui-même veut refaire une réplique. Troisièmement, pour les voice-overs et les commentaires, où des voix off sont délibérément superposées à l'image — documentaires, publicités, bandes-annonces. Le processus est le même partout : moniteur, click-track dans l'oreille (métronome pour le timing), lecture en boucle de la scène, et le doubleur doit frapper dans l'intervalle entre les battements. Certains studios travaillent avec le « Hard-Sync » — synchronisation pixel par pixel du mouvement des lèvres — d'autres avec le « Sense-Sync », où le timing et le sens sont plus importants que la précision géométrique.
Le défi se situe entre la langue et l'image. Les phrases allemandes sont plus longues que les phrases anglaises, l'italien sonne différemment dans la bouche que le polonais. Un bon directeur de doublage (oui, ça existe, et ils valent de l'or) trouve des formulations qui conviennent — non seulement en termes de temps, mais aussi d'émotion. L'acteur doit simultanément regarder le moniteur, écouter le click-track, contrôler sa voix et jouer le rôle. Trois, quatre prises sont normales. Dix ne sont pas rares, si le mouvement des lèvres est particulièrement serré ou si la phrase est compliquée à prononcer.
Au montage, vous effectuez ensuite le calage final : vous décalez la piste audio de quelques images jusqu'à ce qu'elle soit parfaite. Avec les stations de travail audio numériques modernes, c'est possible avec une précision de pixel. L'alternative — moins chère, mais souvent audible — est un léger ajustement de la vitesse, qui cependant fausse immédiatement le timbre. C'est pourquoi un bon doublage sur le plateau est rentable : si vous travaillez déjà avec précision là-bas, vous avez besoin de moins de post-production.