DPX non compressé 10 bits — étalon d'échange entre VFX, render farms, color. Indépendant de plateforme depuis 1998.
Dans le flux de travail de compositing, l'échange DPX sert de colonne vertébrale entre les départements VFX, les studios de postproduction et les services externes. Quiconque travaille avec des pipelines d'effets ne peut éviter ce format — et ce pour une bonne raison : le DPX transporte des informations de couleur 10 bits sans compression, c'est-à-dire sans perte de qualité sur plusieurs générations de sorties. Un compositeur reçoit des plates non compressés de l'équipe de rotoscopie, travaille dessus, transmet les résultats au technicien de finition — personne ne perd de profondeur de couleur ou de plage dynamique.
La pertinence pratique réside dans l'indépendance de la plateforme. Une séquence DPX issue de Maya se charge aussi facilement dans Nuke que sur un serveur Linux dans After Effects — la structure des octets est standardisée depuis que le format a été établi par Kodak dans les années 1990. Chaque studio utilise le DPX comme standard d'échange parce que cela fonctionne, pas parce que c'est élégant. Les tailles de fichiers sont considérables — une séquence 2K en 10 bits peut facilement atteindre plusieurs téraoctets —, mais l'investissement dans le stockage est rentable lorsqu'on travaille avec.
Sur le plateau ou lors des rushes, la caméra enregistre en DNxHD ou ProRes ; au montage, l'éditeur travaille avec du matériel proxy. Mais dès que les VFX entrent en jeu, on convertit en DPX. Le coloriste reçoit des séquences DPX pour le travail d'étalonnage, le superviseur VFX envoie des plates en DPX pour le rendu. La séquençage est la norme : plusieurs images individuelles au lieu d'un gros fichier, numérotées (001, 002, 003...). Cela permet le rendu serveur sans corruption de fichier en cas de plantage — on redémarre simplement à l'image 47.
Pièges concrets : le DPX ne stocke pas de métadonnées, c'est-à-dire que le timecode et d'autres informations doivent être gérés en externe. La conversion elle-même est gourmande en calcul — un bon serveur de transcodage doit être disponible. De plus : de nombreux éditeurs de logiciels font la distinction entre DPX 1.0 et 2.0 (avec des canaux supplémentaires pour l'alpha ou la profondeur), ce qui peut entraîner une incompatibilité si l'expéditeur et le destinataire lisent des variantes différentes. C'est pourquoi tous les studios parlent encore de DPX — c'est le choix sûr.