Procédé anamorphique grand écran des années 1950 — ratio 2.35:1 avec bokeh ovale typique et vignettage discret. Concurrent direct de CinemaScope.
Dans les années 1950, les procédés anamorphiques ont envahi le marché comme des champignons après la pluie — chacun voulait ce look épique en grand écran qui attirait les spectateurs des cinémas jusque dans leurs salons. Delrama était l'un de ces systèmes, rivalisant directement avec Cinemascope, mais beaucoup moins répandu. Le procédé fonctionnait avec un rapport d'aspect de 2,35:1 et utilisait la compression anamorphique classique : des lentilles horizontales qui écrasaient l'image et la décomprimaient lors de la projection. Ce qui distinguait Delrama de la concurrence n'était pas tant une supériorité technique qu'une signature optique caractéristique — des formes de bokeh ovales au lieu des motifs de lignes horizontales typiques auxquels on était habitué avec d'autres anamorphiques.
Pratiquement sur le plateau : les objectifs Delrama étaient plus difficiles à manipuler que les optiques sphériques. La compression anamorphique entraînait des distorsions sur les bords de l'image et exigeait une discipline d'éclairage plus stricte. Le vignettage minimal — c'est-à-dire l'assombrissement à peine perceptible vers les coins — était en fait un argument de vente par rapport à d'autres anamorphiques qui présentaient une chute plus visible. Au montage, Delrama signifiait : on pouvait travailler avec un "racking" de mise au point plus extrême, car les zones ovales hors champ étaient moins gênantes que les artefacts linéaires de Cinemascope. Pour les portraits ou les gros plans dramatiques, c'était un véritable atout.
Malgré ces avantages, Delrama ne s'est jamais vraiment imposé. Cinemascope a dominé le domaine, suivi plus tard par Panavision. Les studios se sont appuyés sur des systèmes établis, et Delrama a relativement vite disparu des grandes productions. Aujourd'hui, c'est surtout un look de niche pour la recherche d'archives ou une esthétique rétro délibérée — lorsque les réalisateurs recherchent spécifiquement ce bokeh ovale particulier que Delrama offrait. Dans les travaux modernes de VFX, cette caractéristique optique est souvent simulée lorsque l'on souhaite reproduire fidèlement le matériel des années 1950. Les lentilles Delrama physiques sont devenues rares, mais leur impact sur l'histoire du cinéma demeure : un exemple qui montre que la supériorité technique ne mène pas automatiquement à la victoire sur le marché.