Feuille distribuée chaque soir listant scènes, lieux, horaires d'arrivée et postes. La bible du tournage — sans elle, chaos.
Chaque matin avant le début du tournage, ils se trouvent sur la table du catering, dans la boîte mail ou numériquement sur la tablette — le journal de tournage est le système nerveux opérationnel d'une production cinématographique. Qui doit être où et quand, quelles scènes seront tournées, quels lieux seront visités, combien de temps dure le trajet : tout y est indiqué. Le directeur de production et l'UPM (Unit Production Manager) coordonnent le journal, l'assistant de production l'imprime au plus tard à 17 heures la veille — sans exception. Un journal de tournage tardif signifie le chaos sur le plateau : les figurants ne savent pas quand venir, le maquilleur ne connaît pas l'ordre des scènes, le chauffeur n'a pas lu l'itinéraire.
Un journal de tournage professionnel suit une structure stricte : en haut, le nom de la production, le jour de tournage (jour X sur Y), la date et l'heure de diffusion. Vient ensuite le crew-call — quand chaque département se présente ? La caméra arrive souvent 30 minutes avant les talents. La séquence des scènes liste l'ordre dans lequel elles seront tournées — pas chronologiquement selon l'histoire, mais optimisé en fonction du lieu, de l'heure de la journée et de la disponibilité des talents. Un changement de lieu nécessite au moins 30 minutes de transition, que le 1er AD (First Assistant Director) planifie à l'avance. Ensuite, la liste des acteurs : qui joue quel rôle, quand arrive-t-il, quand le maquillage/la coiffure est-il terminé, quand peut-il entrer sur le plateau ? C'est l'ossature temporelle de toute la journée.
Le journal documente également les adresses des lieux, les heures d'arrivée exactes (différentes pour les différents départements), les informations sur le parking, et s'il faut une navette pour un lieu secondaire. Les horaires de restauration y figurent — petit-déjeuner, déjeuner, dîner — et s'il y a des demandes de régimes spéciaux. Très important : les prévisions météorologiques et les lieux de repli potentiels si les tournages en extérieur sont annulés. Le 2e AD et le PA de plateau utilisent le journal comme liste de contrôle : le talent a-t-il été récupéré, le décor est-il prêt, la autorisation de tournage du propriétaire a-t-elle été signée ?
Sans un journal de tournage correctement exécuté, une cascade de retards se produit rapidement. Un appel de figurants oublié signifie l'absence de figurants dans une scène. Une entrée d'heure incorrecte entraîne l'arrivée tardive du gaffer sur le plateau et retarde les ambiances lumineuses. Les bureaux de production expérimentés envoient le journal en plus par SMS ou WhatsApp pour s'assurer que les informations critiques arrivent — en particulier pour les freelances sans e-mail de bureau permanent. Le journal n'est pas une surcharge bureaucratique, c'est la planification quotidienne des opérations, et son niveau de détail détermine l'efficacité ou l'improvisation.