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Chroma Key
VFX · Technique

Chroma Key

Murnau AI illustration
compositing keying green screen blue screen roto rotoscoping clip on matte box digital matte painting

Technique de compositing pour remplacer une couleur spécifique (généralement verte ou bleue) par une autre image ou vidéo.

Détails techniques

Les systèmes modernes de chromakey fonctionnent avec une séparation des couleurs d'au moins 40% de différence de luminance entre la couleur clé et le sujet. Le vert (longueur d'onde 510-570 nm) est préféré car il est le plus éloigné des tons chair et que les caméras numériques enregistrent deux fois plus de pixels verts (motif Bayer). Le fond bleu nécessite 20% de lumière en plus, car les LED bleues ont un rendement lumineux plus faible.

Les configurations standard utilisent un éclairage uniforme de 500 à 1000 lux sur l'arrière-plan avec un écart de luminosité maximal de 10%. La distance entre le sujet et l'écran clé est d'au moins 1,5 à 3 mètres pour éviter la contamination des couleurs (spill). Des logiciels comme Nuke, After Effects ou DaVinci Resolve utilisent des algorithmes tels que IBK (Image Based Keying) ou Primatte pour des contours nets.

Histoire et développement

La première utilisation documentée du chromakey a eu lieu en 1940 à la BBC avec des filtres de couleur mécaniques. En 1958, Petro Vlahos a développé le système électronique Traveling Matte pour MGM. Le premier long métrage utilisant le fond bleu de manière extensive fut "Mary Poppins" (1964), pour lequel Vlahos reçut un Oscar.

Le compositing numérique a révolutionné le procédé à partir de 1993 avec "Jurassic Park". ILM a développé un logiciel de keying propriétaire qui sert aujourd'hui de base aux algorithmes modernes. Le Motion Blur Keying et l'Edge Color Correction sont apparus dans les années 2000 pour un flou de mouvement réaliste.

Utilisation pratique au cinéma

"The Mandalorian" (2019) a établi le StageCraft – des volumes LED qui remplacent partiellement le chromakey traditionnel. Marvel Studios utilise principalement des scènes vertes de 15x30 mètres avec une technologie de suivi précise pour les films du MCU.

Les prévisions météorologiques à la télévision utilisent des studios de chromakey avec des écrans de 2x3 mètres depuis les années 1980. La production virtuelle moderne combine le chromakey avec le rendu en temps réel (Unreal Engine) pour les effets visuels en caméra.

Les limitations apparaissent avec les objets transparents, les cheveux fins ou les mouvements rapides. Les vecteurs de mouvement et les algorithmes de cohérence temporelle minimisent ces problèmes depuis 2010.

Comparaison et alternatives

Le rotoscoping offre des masques plus précis, mais nécessite 10 à 20 fois plus de temps. Le difference matting utilise des fonds statiques sans restrictions de couleur. Les scènes à volume LED comme celles d'ILM coûtent 15 à 20 millions de dollars, mais éliminent le temps de post-production.

Le keying infrarouge sépare par signatures thermiques, le keying de luminance par valeurs de luminosité. Les méthodes modernes basées sur l'IA comme Runway ML ou Adobe's Subject Select automatisent de plus en plus les processus de keying manuels.

Les décors virtuels utilisent le raytracing en temps réel (cartes RTX) et remplacent le chromakey classique dans les productions à gros budget par des environnements photoréalistes en temps réel.

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