Perche articulée avec microphone directionnel à l'extrémité — positionnée au-dessus ou à côté de la scène. Standard pour capture dialogale sans micro visible.
La perche — une tige rigide ou flexible en aluminium avec un microphone directionnel à son extrémité — est depuis des décennies l'outil principal du preneur de son sur le plateau. Vous la positionnez au-dessus ou à côté de la scène, vous l'accrochez à un trépied ou vous demandez à un perchiste de la tenir. L'objectif : un dialogue clair sans capsule de microphone visible dans le cadre. Pour la plupart des productions d'une durée supérieure à 30 secondes, la perche est standard — elle vous évite, lors du montage, la fastidieuse post-synchronisation ou des sessions ADR coûteuses.
En pratique, vous distinguez la perche rigide de type "canne à pêche" (généralement de 1,5 à 4 mètres, montable sur grue ou Jib) et la perche de son portable avec articulation ou une légère flexibilité. Le perchiste la tient juste à l'extérieur du cadre — 15 à 30 cm au-dessus de la tête de l'acteur est la règle empirique, en fonction de la focale de l'objectif et du cadrage. Plus la focale est courte (grand-angle), plus vous avez besoin d'espace ; avec des téléobjectifs, cela devient critique. La capsule du microphone elle-même est logée dans une bonnette anti-vent (Zeppelin ou Binder) — les condensateurs nus captent un bruit parasite désagréable même par une légère brise.
Électriquement, vous connectez la perche à l'enregistreur via un câble vers un émetteur sans fil ou directement dans l'entrée XLR de l'enregistreur. Le perchiste agit comme votre bras étendu : il suit les mouvements, ajuste la hauteur, évite les faisceaux lumineux et fait attention aux ombres portées. Cela demande de l'endurance et du feeling — un perchiste fatigué tremblera lors de la quatrième prise, et le bruit du microphone deviendra un problème. Le gain staging est critique : trop faible et vous aurez du bruit ; trop fort et les pics satureront. La plupart des professionnels travaillent avec un niveau moyen de –12 dB à –6 dB sur l'enregistreur.
Erreurs classiques : perche trop éloignée (capte trop de son d'ambiance), oubli de la bonnette anti-vent (grondements par temps légèrement venteux), ou mauvaise préparation — si la caméra et la perche doivent se réorienter à chaque nouveau plan, cela vous coûte du temps de tournage. En studio, la perche est la solution la plus sûre : environnement contrôlé, distances constantes, rendu fiable. En extérieur, cela devient plus délicat — le vent, le bruit de la circulation, les espaces restreints peuvent rendre la perche invisible impossible. Vous vous rabattez alors sur des micros-cravates ou des configurations hybrides. Mais quand c'est possible : la perche offre une directivité et une proximité qu'aucun micro-cravate ne peut égaler.