Système sonore optique précoce (1919+) — enregistrement parallèle d'image et son sur supports séparés. Nécessaire avant la piste sonore intégrée.
Lorsque le cinéma a commencé à intégrer le son à la fin des années 1910, un obstacle pratique s'est présenté : l'image et le son devaient être synchronisés, mais la technologie ne permettait pas encore de les enregistrer sur la même bande de film. Le Biophon fut l'une des premières solutions à ce problème — un système qui enregistrait l'image et le son sur des supports séparés, ne les réunissant qu'au moment de la projection.
Le procédé fonctionnait ainsi : pendant que la caméra enregistrait l'image, un disque phonographique ou une piste optique séparée tournait en parallèle — les deux étaient couplés par des moyens de synchronisation mécaniques. Lors de la projection, le projecteur et le dispositif de reproduction sonore devaient fonctionner en parfaite synchronisation. Cela semble simple, mais ne l'était pas. La moindre variation de vitesse — et il y en avait régulièrement — entraînait des erreurs de synchronisation labiale, immédiatement visibles. Surtout dans les scènes longues, le son se désynchronisait de l'image, ce qui dérangeait immédiatement le public.
Pour les cinéastes, cela signifiait qu'ils ne pouvaient plus travailler comme avec le cinéma muet. Le son devait être pensé dès le départ. Les resynchronisations au montage étaient complexes — il fallait recalibrer les deux éléments. La projection devenait également plus compliquée : le projectionniste devait utiliser et surveiller deux appareils. Le Biophon fut donc principalement utilisé dans les grands cinémas, et non dans les cinémas de campagne à l'équipement plus simple.
Historiquement, ce système fut un point de transition important. Il prouvait que le son synchronisé fonctionnait au cinéma — psychologiquement et techniquement. Mais ce n'était pas une voie d'avenir. Dès que la piste sonore optique fut possible directement sur la pellicule (à partir du début des années 1920 avec des procédés comme le Fox Movietone), le Biophon devint obsolète. La raison était simple : manipuler une seule bande de film est plus facile, plus sûr et moins cher que deux. La projection devint standardisable, le montage se simplifia, et la fabrication de copies devint plus fiable.
Aujourd'hui, le Biophon est une note de bas de page historique — mais une note importante. Il montre comment les cinéastes géraient autrefois les problèmes de synchronisation et quelles solutions ont finalement mené au cinéma sonore moderne. Ceux qui s'intéressent à l'histoire du cinéma ou aux techniques de cinéma muet restauré rencontrent régulièrement de tels systèmes.