Format de film 16 millimètres — standard du documentaire et de la production à petit budget. Moins cher que le 35mm, caméras plus légères, transport fiable.
Pendant des décennies, le format 16 mm a été l'outil de travail du documentaire et de la production industrielle — non pas parce qu'il était particulièrement élégant, mais parce qu'il fonctionnait. Alors que les caméras 35 mm restaient lourdes comme des tonnes et coûteuses, le 16 mm était transportable, les bobines de film rentraient dans n'importe quel sac à dos, et les optiques étaient suffisamment maniables pour un véritable travail de terrain. Le film étroit de 16 millimètres de large permettait aux opérateurs de rester mobiles tout en produisant des images visuellement propres — important à une époque où l'électronique mobile n'existait pas.
En pratique, on travaille différemment avec le 16 mm qu'avec le 35 mm. Le capteur plus petit (ou le plan film plus petit) exige des objectifs lumineux — f2.0 était plutôt la règle que l'exception. À sensibilité de film égale, il faut plus de lumière sur une caméra 16 mm que sur sa grande sœur, sinon on risque le grain. Cela peut sembler un inconvénient, mais c'était souvent un avantage : ceux qui travaillent dans des conditions difficiles — mauvais éclairage, coupes rapides, caméra en mouvement — apprennent à planifier avec moins de lumière. La profondeur de champ est plus grande qu'en 35 mm, ce qui est pratique pour le travail documentaire : mise au point plus rapide, moins de post-production de netteté nécessaire. Le transport est plus robuste — bobines plus petites, moins de spires, moins sensible aux vibrations et aux chocs.
La qualité d'image n'a jamais été l'argument de vente. Le 16 mm ressemble à du 16 mm : plus granuleux, moins de détails dans les ombres et les hautes lumières, mais avec un caractère visuel particulier que de nombreux documentalistes utilisent délibérément — une esthétique authentique, non polie. Ceux qui voulaient un look de film amateur ou de film d'actualité se tournaient vers le 16 mm. Les productions hollywoodiennes tournaient avec, lorsque le budget ou l'approche guerrilla l'exigeaient. La rétroprojection sur 35 mm fonctionnait, mais nécessitait des préparations minutieuses et de bons laboratoires.
Le numérique a supplanté le 16 mm, mais ne l'a pas éliminé. Dans le reste de la fabrication de films — archives, restauration, projets nostalgiques — il reste présent. Ceux qui tournent encore en 16 mm aujourd'hui le font consciemment, pour la qualité optique et le look. Sur le plateau, on reconnaît immédiatement ceux qui ont travaillé en analogique : ce grain et cette saturation des couleurs peuvent être simulés numériquement, mais pas entièrement reproduits. Le format symbolise encore une certaine attitude de travail — pratique, soucieuse des coûts, axée sur le contenu plutôt que sur le clinquant.