Format classique étroit de 1923 — standard du documentaire, publicité et cinéma indépendant. Grain plus grossier que 35 mm, mobile et économique.
Depuis les années 1920, c'était l'outil de travail pour tous ceux qui devaient filmer en extérieur : le film 16 mm offrait une portabilité et un coût que le 35 mm ne permettait pas. Le grain est nettement visible — ce n'était jamais un défaut, mais une caractéristique. Les documentaristes adoraient ce look brut car il véhiculait l'authenticité. Quand on tourne en 16 mm, on le réalise immédiatement : ce n'est pas le glamour hollywoodien. C'est du vrai travail.
Les avantages pratiques sur le plateau sont considérables. Une caméra 16 mm pèse un quart d'une caméra 35 mm, les magasins sont plus maniables, et une bobine de film dure 120 secondes au lieu de 45. Cela signifie : moins de changements, plus de travail continu. Surtout en documentaire, où l'on ne peut pas s'arrêter toutes les deux minutes, cela est devenu la solution standard. Les optiques nécessitaient moins de lumière — un diaphragme de moins est un avantage énorme sur le plateau, lorsque l'on tourne dans de mauvaises conditions ou avec la lumière ambiante. Le prix à payer est le grain. Sur grand écran, cela devient visible, mais c'était accepté car la mobilité primait.
Le format a connu son apogée dans les années 1960 et 1970, particulièrement dans le mouvement de la Vérité — Cinéma Direct, le documentaire français. Des directeurs de la photographie comme Haskell Wexler ou John Christie vivaient avec le 16 mm, car ces caméras rentraient dans les voitures, les maisons, les hôpitaux, là où le 35 mm n'arrivait jamais. Plus tard, le 16 mm est également devenu la norme pour les travaux étudiants et la fiction à petit budget, car les coûts par pied restaient maîtrisables — pas deux fois moins cher que le 35 mm.
En pratique, il faut cependant un solide équipement de stockage et de montage. Les tirages 16 mm étaient le standard de travail, les titres et les effets visuels étaient ajoutés optiquement — long, mais établi. Ceux qui voulaient numériser du 16 mm avaient besoin d'un bon scanner et comprenaient que le grain organique ne devait pas être trop agressif. C'est le compromis : liberté de terrain maximale contre finition visuelle. Aujourd'hui, presque personne ne tourne plus sur film 16 mm, mais le look est toujours recherché en numérique — et le son d'un magnétophone 16 mm ? D'une authenticité irremplaçable.