La couleur de la lumière mesurée en kelvins — de l'orangé chaud de la bougie (1800 K) au tungstène (3200 K) et à la lumière du jour (5600 K), jusqu'au bleu froid d'un ciel dégagé (10000 K).
La température de couleur — mesurée en Kelvin (K) — décrit l'impression de couleur d'une source lumineuse sur une échelle allant de l'orange chaud (lumière de bougie, 1800 K) au blanc neutre, jusqu'au bleu froid (ciel clair, 10 000 K). Le principe sous-jacent est le rayonnement d'un corps noir : un objet théorique qui, lorsqu'il est chauffé, devient d'abord rouge, puis jaune, puis blanc, puis bleu incandescent — la température à laquelle il émet une couleur donnée est sa température de couleur. Sur le plateau de tournage, la température de couleur est l'une des premières questions que pose le directeur de la photographie : « Qu'avons-nous ici ? 3200 ou 5600 ? » — car l'équilibre des blancs de la caméra, la configuration des projecteurs et le choix des gélatines en dépendent.
Les chiffres magiques : 3200K et 5600K
Les deux températures de couleur standard dans le cinéma sont 3200 K (lumière artificielle, lampe à incandescence au tungstène) et 5600 K (lumière du jour, soleil moyen). Les projecteurs HMI (Hydrargyrum Medium-Arc Iodide) fournissent précisément 5600 K avec un rendement lumineux élevé ; un HMI de 1,2 kW remplace environ 5 kW de tungstène à la même température de couleur. Les panneaux LED comme les Arri Skypanels ou les Aputure 600c sont bi-color et peuvent être réglés en continu entre 2800 K et 10 000 K — ce qui rend les changements de gélatines superflus dans de nombreuses situations. Néanmoins : dans les grandes configurations avec 20 projecteurs, le chef électricien maintient des températures de couleur fixes, car les calculs de mélange avec 20 sources réglables en continu rendraient fou le technicien de l'image (DIT) devant le moniteur.
Lumière mixte : le quotidien sur le plateau
La réalité est presque toujours une lumière mixte : une fenêtre fournit 5600 K de l'extérieur, la lampe d'appoint sur la table a une ampoule de 2800 K, et les plafonniers du couloir de bureau sont des tubes fluorescents de 4000 K avec une dominante verte. Le chef électricien décide quelle source domine et ajuste toutes les autres avec des gélatines : CTO sur la fenêtre (transforme la lumière du jour en lumière artificielle), CTB sur la lampe d'appoint, Minus Green sur les tubes fluorescents. L'équilibre des blancs de la caméra est réglé sur la source dominante, typiquement 3200 K pour les intérieurs ou 5600 K pour les prises de vues extérieures. Les formats bruts comme Arriraw ou REDcode ne stockent l'équilibre des blancs que comme métadonnées — le DIT peut encore ajuster la température de couleur en post-production, mais la dominante verte d'un tube fluorescent ne peut être éliminée que par le chef électricien sur place.
Utilisation créative : la température de couleur comme élément narratif
La température de couleur n'est pas seulement une technique, mais aussi un porteur de sens. Les scènes chaudes à 2800 K signalent l'intimité, la nostalgie ou la sécurité ; les images froides à 7000 K véhiculent le froid, la stérilité ou la menace. Les directeurs de la photographie mélangent consciemment : un personnage se tient sous une lumière clé chaude à 3200 K, tandis que l'arrière-plan reste froid à travers une fenêtre non corrigée (5600 K) — la différence de température de couleur sépare émotionnellement le personnage et l'espace. En étalonnage, l'étalonneur peut renforcer cette séparation, mais la base doit être correcte sur le plateau : une scène entièrement tournée à 3200 K ne peut pas être "recolorisée" de manière convaincante à 5600 K.
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