Wire Removal est l'élimination numérique des cordes de cascade, du rigging et d'autres éléments indésirables du métrage du film.
Détails techniques
Les câbles standards pour le travail de fil (Wire Work) ont un diamètre compris entre 1,5 et 3 mm et sont constitués d'acier revêtu avec des forces de traction allant jusqu'à 2 000 Newtons. L'élimination numérique s'effectue par traitement image par image avec des logiciels tels que Nuke, After Effects ou Silhouette FX. De 24 à 120 images individuelles sont traitées par seconde, selon le format d'enregistrement. Le suivi de mouvement (Motion Tracking) détermine la position exacte des câbles tout au long de la séquence, tandis que des "Clean Plates" (prises de vue de référence sans câbles) ou une reconstruction algorithmique restaurent l'arrière-plan. Pour les mouvements complexes, jusqu'à 8 heures de temps de traitement par seconde de métrage sont nécessaires.
Histoire et développement
Les premiers travaux d'élimination de câbles ont vu le jour en 1973 avec "L'Exorciste", où les câbles visibles pour la lévitation d'objets étaient manuellement retouchés à l'aérographe sur les négatifs des films. La technique s'est numériquement établie à partir de 1991 avec "Terminator 2", où Industrial Light & Magic a développé les premiers procédés de "Paint Out" assistés par ordinateur. La percée a eu lieu en 1999 avec "Matrix" : les frères Wachowski ont combiné des effets de "Bullet Time" avec une élimination précise des câbles pour des mouvements de caméra à 540° autour d'acteurs en lévitation. Depuis 2010, les algorithmes d'apprentissage automatique permettent une suppression semi-automatique des câbles grâce à des technologies de remplissage sensible au contenu (Content-Aware Fill).
Utilisation pratique dans le cinéma
"Tigre et Dragon" (2000) a utilisé plus de 400 séquences de travail de fil avec élimination ultérieure des câbles pour les chorégraphies de combat caractéristiques dans la cime des arbres. Pour "Spider-Man" (2002), Sony Pictures Imageworks a combiné des cascades pratiques sur des câbles d'acier de 6 mm avec un remplacement par CGI pour les séquences de balancement à travers Manhattan. Le flux de travail comprend la photographie de "Clean Plates" avant chaque prise de vue avec câbles, l'utilisation de câbles verts ou bleus pour de meilleures propriétés de détourage (Keying) et l'enregistrement avec une fréquence d'images accrue (48-96 ips) pour une analyse de mouvement plus précise.
Comparaison et alternatives
L'élimination de câbles se distingue du rotoscoping par son focus sur des objets linéaires plutôt que sur des masques de surface. Les extensions de décor (Set Extensions) remplacent des zones entières de l'image, tandis que l'élimination de câbles effectue des retouches ponctuelles. Les alternatives modernes comprennent l'éclairage LED sans tubes lumineux à la place des câbles pratiques ou des doubles entièrement numériques. Les systèmes de capture de mouvement avec des plateaux volumétriques (comme pour "The Mandalorian") éliminent partiellement la nécessité de câbles physiques grâce à des environnements virtuels, mais nécessitent des investissements à partir de 15 millions de dollars par configuration de studio.