Son capté au plateau sans image synchrone. Bande sonore isolée, utile pour les dialogues de secours ou les bruitages.
Détails techniques
Le son d'ambiance est généralement enregistré en 48 kHz/24 bits dans des fichiers WAV ou BWF non compressés. La durée d'enregistrement varie entre 30 secondes et 5 minutes, en fonction du matériel nécessaire. Les ingénieurs du son utilisent des positions de microphone et des réglages de préamplificateur identiques à ceux de l'enregistrement des dialogues afin de garantir la cohérence acoustique. Les enregistreurs de terrain modernes tels que le Sound Devices 833 marquent automatiquement les enregistrements de sons d'ambiance avec des métadonnées appropriées et des références de timecode.
Il existe trois types principaux : le son d'ambiance pur (atmosphère pure sans activité), l'ambiance avec des bruits spécifiques (trafic, machines) et les "Wild Lines" (répétitions de dialogues sans prise de vue caméra). Chaque type reçoit ses propres configurations de canaux et structures de dossiers en post-production.
Histoire et développement
Les enregistrements de sons d'ambiance sont apparus en 1929 avec l'introduction du film sonore, lorsque les techniciens ont réalisé que les atmosphères de studio pures ne s'harmonisaient pas avec les lieux de tournage originaux. RCA a développé les premières procédures standardisées pour "l'enregistrement sauvage" dans les productions hollywoodiennes en 1932.
La percée est venue en 1958 avec les expériences de Robert Altman dans "The Delinquents", où les enregistrements systématiques de sons d'ambiance ont été utilisés pour la première fois sur le plan dramaturgique. Les stations de travail audio numériques depuis les années 1990 ont considérablement simplifié l'intégration et le montage. Des outils modernes basés sur l'IA tels qu'iZotope RX peuvent analyser automatiquement les sons d'ambiance et les intégrer de manière transparente dans les scènes depuis 2018.
Utilisation pratique dans le cinéma
Christopher Nolan a utilisé des enregistrements d'ambiance extensifs de la plage d'origine pour "Dunkerque" (2017) afin de créer une atmosphère maritime authentique. L'ingénieur du son Mark Weingarten a enregistré 20 à 30 minutes de sons d'ambiance par jour, dont 40 % ont été utilisés dans le mixage final.
Flux de travail standard : après chaque scène, les acteurs restent silencieux sur le plateau pendant 2 à 3 minutes pendant l'enregistrement des sons d'ambiance. Cette "perche sonore" (tone matching) permet des coupes et un montage de dialogue fluides. Lors des tournages en extérieur, le son d'ambiance compense les conditions météorologiques changeantes entre les différentes prises.
Les inconvénients surviennent avec des acteurs impatients ou des plannings de tournage serrés, car des enregistrements de sons d'ambiance de qualité ne peuvent pas être accélérés.
Comparaison et alternatives
Le son d'ambiance se distingue des bruits de Foley par sa référence au lieu de tournage original et des bibliothèques sonores par son acoustique spécifique au plateau. Le "Room Tone" décrit uniquement l'atmosphère silencieuse d'une pièce, tandis que le son d'ambiance comprend également des ambiances sonores actives.
Les alternatives modernes telles que les enregistrements Ambisonics avec le Sennheiser Ambeo VR Mic capturent le son spatial à 360°, mais nécessitent un logiciel de post-production spécialisé. Les plugins de réverbération artificielle tels qu'Altiverb simulent des lieux de tournage originaux, mais n'atteignent pas la caractéristique microphonique naturelle du véritable son d'ambiance. Les productions à petit budget ont souvent recours à des banques de sons, mais perdent ainsi l'authenticité acoustique du lieu de tournage.