Enregistrement simultané de l'image et du son avec synchronisation par timecode, par opposition au doublage en postproduction ou aux procédés de playback.
Détails Techniques
Les systèmes modernes de son synchrone fonctionnent avec des fréquences Word Clock de 48 kHz et une résolution de 24 bits. Les générateurs de timecode sans fil tels que le Tentacle Sync E se synchronisent avec une dérive maximale de 1 image par 24 heures. Les enregistreurs de son professionnels (Sound Devices 833, Zoom F8n Pro) disposent d'oscillateurs à cristal d'une précision de ±0,5 ppm. Dans les configurations multicaméras, tous les appareils sont cadencés par un générateur de timecode maître qui utilise le temps GPS comme référence.
Histoire & Évolution
En 1927, "The Jazz Singer" a révolutionné le cinéma avec le premier système commercial de son synchrone, le Vitaphone. Le couplage mécanique de projecteurs 35 mm avec des disques de 16 pouces a permis une précision de synchronisation de ±2 images. En 1930, RCA a introduit le système de son optique, qui enregistrait la piste sonore directement sur le film. En 1950, Stefan Kudelski a développé le Nagra III, le premier enregistreur de son synchrone portable à commande à cristal. En 1967, le Nagra 4.2 avec le système Neo-Pilot a été lancé, suivi en 1980 par les premiers systèmes de timecode numériques selon la norme SMPTE.
Utilisation Pratique au Cinéma
Robert Altman a utilisé jusqu'à 16 microphones sans fil dans "Nashville" (1975) avec enregistrement synchrone pour les dialogues qui se chevauchent. Dans "Birdman" (2014), les plans-séquences apparents nécessitaient une synchronisation au milliseconde près entre sept caméras RED et une console de mixage 32 canaux. Les documentaristes privilégient le son synchrone pour une atmosphère authentique – Werner Herzog enregistre systématiquement le son en direct, même dans des environnements extrêmes comme dans "Grizzly Man" (2005). Les séquences d'action avec des explosions ou des véhicules nécessitent souvent une protection contre le vent et les vibrations pour les équipements de son synchrone.
Comparaison & Alternatives
Le procédé de playback utilisé dans les films musicaux ou la post-synchronisation complète (ADR/Automated Dialogue Replacement) s'oppose au son synchrone. Le "Wild Sound" désigne les enregistrements d'ambiance non synchronisés. Les prises de vues MOS ("Mit Out Sound" - sans son) renoncent délibérément à l'enregistrement sonore au profit d'une conduite de caméra plus flexible. Les flux de travail hybrides modernes combinent le son synchrone pour les dialogues avec des enregistrements d'ambiance séparés – "A Star Is Born" (2018) a utilisé le chant en direct devant 40 000 spectateurs au festival Coachella avec 24 caméras synchronisées.