Technique de prise de vue à fréquence d'images augmentée (120–1,75 M fps) produisant des mouvements ralentis lors de la projection en vitesse normale (24 fps).
Détails techniques
Les caméras numériques modernes atteignent différents niveaux de ralenti : les caméras grand public gèrent 120-240 ips, les caméras de cinéma professionnelles comme la RED V-Raptor 8K jusqu'à 600 ips en résolution 4K. Des caméras spécialisées à haute vitesse (Phantom TMX 7510) atteignent 1,75 million d'ips à résolution réduite. Le ralentissement se calcule par le rapport fréquence d'enregistrement sur fréquence de lecture : 120 ips en lecture à 24 ips donnent un ralentissement 5x (20% de la vitesse d'origine). Les prises de vues à haute vitesse nécessitent un éclairage plus intense, car le temps d'exposition par image est drastiquement réduit.
Histoire & Développement
Le premier ralenti documenté fut créé par Étienne-Jules Marey en 1882 avec sa "chronophotographie", qui analysait le vol des oiseaux. August Musger développa en 1904 à Graz le premier cinématographe à ralenti pratique avec une vitesse d'enregistrement variable. Hollywood a établi la technique dans les années 1920 pour les comédies burlesques et les études sportives. La révolution électronique des années 1960 a apporté des moteurs précisément contrôlables, les capteurs numériques des années 2000 ont finalement permis des vitesses extrêmes sans problèmes de transport de film.
Utilisation pratique au cinéma
Les films d'action utilisent le ralenti pour les explosions et les séquences de combat - Zack Snyder a établi avec "300" (2006) le changement caractéristique entre vitesse normale et ralenti. Les films de sport utilisent 250-500 ips pour les mouvements de balles, les films d'horreur 120 ips pour les détails d'éclaboussures de sang. Le flux de travail nécessite une pré-calcul de la capacité de stockage : une minute de matériel à 1000 ips en 4K nécessite environ 500 Go de stockage. Inconvénients : besoin accru de lumière, durée d'enregistrement limitée, traitement des données complexe.
Comparaison & Alternatives
Différenciation de l'étirement numérique du temps (Time Stretching), qui génère a posteriori des images intermédiaires interpolées à partir de matériel 24 ips - qualitativement nettement inférieur. Le Speed Ramping combine des vitesses variables au sein d'un même plan. Alternative moderne : l'interpolation d'images basée sur l'IA (RIFE, DAIN) crée des ralentis utilisables à partir de rushes normaux, mais n'atteint pas la netteté des véritables prises de vues à haute vitesse. L'accéléré (Time Lapse) représente le contraire technique avec une fréquence d'enregistrement réduite.