Une seule caméra capture les données de profondeur via capteur ou algorithmes — sans paire stéréo. Rig plus léger, reconstruction en post.
Vous déballez une caméra, pas deux. C'est le principe : une unité à capteur unique capture les informations de profondeur directement pendant l'enregistrement — soit par lumière structurée (un projecteur projette un motif, le capteur lit la distorsion), Time-of-Flight (mesure du temps de vol des impulsions infrarouges) ou des méthodes de comparaison de phase plus récentes. Pas de rig stéréo avec deux lentilles à synchroniser, calibrer et manipuler sur le plateau. Une caméra, un câble, c'est tout — et pourtant, vous obtenez des données spatiales pour la 3D.
Pourquoi c'était révolutionnaire : les caméras 3D stéréo classiques — deux objectifs, réglage de la parallaxe, gestion de la convergence — nécessitaient de l'espace, de l'entretien et une géométrie précise. Cela devenait critique pour les gros plans, et délicat avec le mouvement. La méthode à film unique vous libère de cela. Vous filmez avec une liberté de mouvement normale, la reconstruction de la profondeur se fait plus tard. Le capteur capture le RVB + la profondeur en une seule prise. Au montage, vous ajustez ensuite — selon la prise et les exigences — la parallaxe, déplacez des plans virtuels, ou créez une sortie stéréo réelle pour la version 3D concernée. Cela permet non seulement de gagner du temps de tournage, mais aussi de réduire le poids de la caméra et d'utiliser des objectifs qui seraient impossibles avec un rig stéréo classique.
Concrètement, cela signifie : vous filmez du métrage standard, mais vous obtenez une carte de profondeur gratuitement. En post-production, vous — ou votre studio VFX — montez les couches spatiales. Vous avez besoin de moins de trucages ou de clés chromatiques, car la profondeur est reconnue automatiquement. La qualité dépend de la scène (les surfaces réfléchissantes sont délicates) et de la résolution du capteur (certaines caméras 3D ne vous donnent que 320×240 de profondeur pour du RVB 4K). Mais pour du matériel documentaire, des tournages guerrilla rapides ou du suivi VFX, cela vaut de l'or — nettement plus rapide qu'un setup stéréo, et aussi flexible qu'une caméra mono normale.
Attention : carte de profondeur ≠ magie 3D automatique. Vous avez toujours besoin de gestion de l'espace colorimétrique, d'étalonnage des couleurs, et des artefacts apparaissent en post-production si la profondeur du capteur est imprécise. Mais la base est solide : une seule prise, une liberté de mouvement totale, des données spatiales en interne. Cela ne vous épargne pas la partie graphique stéréo (convergence, parallaxe à l'écran) — que vous faites à l'étalonnage — mais la complexité matérielle au tournage diminue drastiquement.