Construction modulaire de studio composée de cadres bois de 2,40 m de hauteur revêtus de contreplaqué, combinables et reconfigurables en quelques minutes.
Détails techniques
Les éléments de décor standards sont construits à partir de cadres en bois de 2,40 m de haut (flats) avec des montants de 5 cm x 10 cm, recouverts de panneaux de contreplaqué ou de MDF de 12 mm. Les murs porteurs atteignent des épaisseurs de 15 à 20 cm, tandis que les cloisons non porteuses se contentent de 8 à 12 cm. Les systèmes modulaires utilisent des éléments de connexion standardisés tels que des serre-joints C ou des connecteurs Penn-Elcom pour un montage rapide. Les murs mobiles (Wild Walls) circulent sur des systèmes de rails avec roulements à billes et peuvent être retirés en 10 à 15 minutes. Les constructions de plafonds supportent des charges allant jusqu'à 150 kg/m² pour l'éclairage et le matériel de rigging.
Histoire et développement
Les premiers éléments de décor spécifiques au cinéma sont apparus en 1897 dans le studio de verre de Georges Méliès à Montreuil, où il a construit des châteaux de contes de fées tridimensionnels en papier mâché. Cecil B. DeMille a standardisé en 1915 chez Paramount les constructions modulaires en bois pour les villes du Far West. En 1930, les studios MGM ont introduit le système de grille : des panneaux standard de 3,60 m x 2,40 m, combinables à volonté. William Cameron Menzies a développé en 1939 pour "Autant en emporte le vent" les premiers modèles miniatures de prévisualisation à l'échelle. Depuis les années 1990, les programmes de CAO tels que VectorWorks permettent une pré-planification précise et des éléments de connexion fraisés par CNC.
Utilisation pratique au cinéma
Le film "2001, l'Odyssée de l'espace" de Kubrick (1968) a utilisé un décor rotatif de 11 m de diamètre pour la centrifugeuse Discovery, permettant des positions de caméra dans tous les axes spatiaux. Le film "Panic Room" de Fincher (2002) a utilisé un décor de brownstone sur quatre étages avec des murs extérieurs entièrement amovibles pour des mouvements de caméra continus entre les étages. Nolan préfère les éléments de décor pratiques à l'écran vert : le couloir rotatif dans "Inception" (2010) mesurait 30 m de long et tournait à 3 tr/min. Un montage typique dure 3 à 5 semaines, un démontage 1 à 2 semaines.
Comparaison et alternatives
Les éléments de décor se distinguent des tournages en extérieur par le contrôle total de la lumière, du son et de la météo. Par rapport à la production virtuelle, ils offrent une authenticité tactile aux acteurs, mais nécessitent des délais de préparation 40 à 60 % plus longs. Les systèmes modulaires coûtent entre 800 et 1 200 euros/m², tandis que les constructions sur mesure atteignent 1 500 à 3 000 euros/m². Les scènes à volume LED, comme pour "The Mandalorian", remplacent de plus en plus les éléments de décor traditionnels, mais combinent souvent les deux techniques pour les éléments de premier plan.